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Hôtellerie dans le 9ème arrondissement

» PARIS : 9ème ARRONDISSEMENT

Région : Ile-de-France
Département : Paris
Code postal : 75009
Population : 56 211 habitants
Superficie : 218 ha
Altitude : 36 mètres

Généralités historiques :
Le sous-sol du futur arrondissement a révélé une vie animale du quaternaire et une activité gallo-romaine mais aucun événement n'est connu avant le XIIème siècle. Le relief du territoire se relève au nord sur les contreforts de la Butte-Montmartre (boulevard de Rochechouart, 67 m) et s'étale en plaine jusqu'aux Grands Boulevards (36 m) qui furent une aire maraîchère traversée par un grand égout jusqu'au XVIIIème siècle.
L'abbaye Sainte-Opportune (haut Moyen Age), dont on ne sait presque rien, avait assaini sans doute ce marécage alimenté par le château d'eau de la Butte ; d'autres communautés religieuses apparurent et Philippe Auguste autorisa les premiers fiefs féodaux : on garde le souvenir de celui de la Grange-Batelière et au XIVème siècle des Percherons ; la première église connue est Notre-Dame-de-Lorette au XVIIème siècle.
L'histoire commence avec Louis XIV qui créa les Grands Boulevards sur les Fossés-Jaunes, ouvrage défensif de Louis XIII ; Louis XV ensuite abandonna Versailles, créant à Paris une poussée immobilière vers les faubourgs qui dura 2 siècles. Les constructeurs sont ici les grands bourgeois, fermiers généraux et financiers, qui spéculent et lotissent. Les quartiers se créent les uns après les autres : la Chaussée-d'Antin et la rue de Clichy, la rue de Provence et la rue de la Victoire au XVIIIème siècle ; au XIXème siècle, la frénésie des bâtisseurs s'étend au nord du
boulevard Montmartre vers la rue des Martyrs et la place Saint-Georges ; le quartier de l'Europe démarre en dernier, comme dans le VIIIème où il se développa le plus. Les Grands Boulevards deviennent le coeur de l'arrondissement avec le Palais Garnier (l'Opéra), carrefour lyrique et mélomane ; cette vogue exceptionnelle durera 3/4 de siècle, soutenue par "l'esprit boulevardier".
Les caractéristiques de l'arrondissement créé en 1862 se définissent alors.
L'argent est roi, celui qui se dépense, mais surtout celui qui bâtit, investit et sait fructifier ; la classe bourgeoise, bénéficiaire de la Révolution, devient la seule aristocratie au XIXème siècle : elle exploite la grande industrie, crée les Grands Magasins, investit la banque et les assurances, bâtit sans arrêt.
Elle est rejointe par les grandes familles juives qui se spécialisent dans les métiers de la finance et inventent le mécénat moderne.
L'aristocratie qui a méprisé ou boudé Louis-Philippe et les deux Empires, dispose encore de biens immenses, mais elle ne conduit plus la promotion immobilière. Cette fièvre du bâtiment et les méthodes d'urbanisation souvent radicales d'Haussmann, causèrent la disparition au XVIIIème siècle des hôtels particuliers et au XIXème siècle des "folies" souvent originales de la clientèle d'écrivains et d'artistes.
Car c'est une nouvelle bohème de la rive droite qui s'établit : auteurs à la mode, poètes, musiciens, peintres, chefs de file ou d'école
ont eu ici leurs ateliers, leurs maisons ou leurs salons ; les cafés et restaurants investissent les Grands Boulevards jusqu'au pied de la Butte ; puis les brasseries deviennent littéraires.
Les Anglais, qui prennent goût à la Côte d'Azur, mais aussi à Paris, apportent la mode des clubs, futurs cercles, ainsi le Jockey-Club dont le premier président fut Lord Seymour ; ils introduisent aussi l'essentiel de leur culture, le sport, qui deviendra le Veau d'or des temps modernes : salles d'armes, gymnases, clubs de boxe.
Ces évènements et nouveautés demandent une chronique : ce sera la presse ; la plupart des grands quotidiens verront le jour et s'imprimeront ici ; les galeries d'art fleurissent autant que les théâtres qui sont toujours les plus nombreux de Paris ; l'Opéra fait courir le monde de la musique, de la danse et du costume.
La fête crée de nouveaux spectacles : les cabarets de chansonniers, les illusionnistes, les théâtres d'ombres, les cirques qui fixent les gens du voyage.
Face à cette agitation, les sédentaires forment des sortes de communautés à caractère provincial où l'on s'agrège dans un site particulier : ainsi naissent les cités et passages, calmes et retirés, aux boutiques dont la décoration d'époque est préservée le plus souvent. Aujourd'hui le IXème arrondissement est celui des banques, mais aussi de l'Opéra et du théâtre, de la presse et de la vie artistique, malgré la disparition de l'esprit boulevardier avec la dernière guerre.

Particularités :
ENSEMBLES URBAINS
- Les Grands-Boulevards (voir même chapitre au IIème arrondissement).
- Les passages et cités forment ici, comme dans le proche IIème arrondissement, des segments raccordant 2 rues, îlots de calme, ornés et décorés, à proximité des axes les plus animés. 4 sont protégés. Cité Bergère, rue Bergère/rue du Faubourg-Montmartre : créée sous la Restauration, aujourd'hui consacrée à l'hôtellerie ; le ravalement, la polychromie des murs, les marquises des hôtels constituent un ensemble raffiné ; passage voûté.
Cité Trévise, rue Richier/rue Bleue, créée en 1840 ; construite en zig-zag avec une petite place ornée d'une fontaine et mini-jardin : maisons d'inspiration néo-Renaissance avec décoration rapportée Restauration.
- Passage Jouffroy, boulevard Montmartre/rue de La Grange-Batelière ; passage étroit et haut (série de 3, dont le passage Verdeau), vers la mi XIXème siècle : structure métallique et verrière en carène renversée, sol pavé ; boutiques et hôtels très éclairés, hautes vitrines colorées.
- Passage Verdeau, rue de La Grange-Batelière/rue du Faubourg-Montmartre : même concept et même architecture que le précédent, verrière ogivale, sol pavé, unité d'architecture ; mais de style néo-classique en son état d'origine.
- Les abords de 2 monuments, considérés comme formant un tout, sont protégés :
- Abords de l'Opéra ; façades et toitures des immeubles voisins de l'Opéra : rues Auber et Bourdeau, boulevard des Capucines, rues de La Chaussée-d'Antin, Halévy, des Mathurins, Meyerbeer et Scribe.
- Abords de l'église de la Trinité ; façades et toitures des immeubles proches de l'église : place d'Estienne-d'Orves, rues Blanche, Cheverus, de la Trinité, Morlot et Clichy.
BATIMENTS PUBLICS
- Mairie du IXème arrondissement, 6 rue Drouot ; ancien hôtel d'Augny milieu XVIIIème siècle, remanié en 1844 (mairie avant 1860 du IIème qui devint le IXème après remodelage définitif de 1860).
Parties XVIIIème siècle : façade au fond de la cour, façade sur jardin, décor du vestibule de la Justice de Paix ; grand jardin ; ailes XIXème siècle rapportées ; intérieur restauré récemment.
- Théâtre national de l'Opéra, place de l'Opéra, conçu et réalisé dans le cadre d'une importante urbanisation Capucines/Palais-Royal, réalisée de 1860 à 1875 ; par Charles Garnier. Archétype de style Napoléon III par son ampleur, la variété de styles, les matériaux employés, la richesse ornementale, les prouesses techniques. La façade est basée sur 7 travées d'arcades en plein cintre ; le 1er étage comprend autant de refends, chacun à double colonnade surmontée d'un oculus ; fronton courbe en avancée aux extrémités ; lourd entablement supportant le dôme en cuivre sommé d'un groupe sculpté ; statues des meilleurs artistes de l'époque sur la façade et l'ensemble de l'édifice.
- Conservatoire national d'Art dramatique, 2 rue du Conservatoire : salle de concert installée à l'origine dans l'hôtel des Menus-Plaisirs du roi, fin XVIIIème siècle ; la Convention créa le Conservatoire national de Musique ; reconstruit sous l'Empire et restauré fin XIXème siècle ; le Conservatoire fut transporté rue de Madrid (VIIIème) en 1913, mais la salle de concert et la bibliothèque de Chaptal demeurèrent ici et furent réaffectées après 1918.
- Lycée Condorcet, 63/65 rue Caumartin ; établi en 1803 dans le couvent XVIIIème siècle des capucins : quadrilatère autour de l'ancien cloître ; bâtiment bas de façade, une porte encadrée de 2 colonne ; à sa gauche, l'actuelle église Saint-Louis-d'Antin, à droite, ancien parloir de style classique par Brongniart. - Lycée Lamartine, 121 rue du Faubourg-Poissonnière ; aménagé dans une ancienne "folie" fin XVIIème siècle ; très modifié par des agrandissements et des bâtiments construits dans les jardins : salon peint d'origine (bureau de la directrice) ; autres vestiges d'époque : corps de logis, aile sur cour, terrasse sur jardins.
- Foyer de l'Union chrétienne des jeunes gens de Paris, 14 rue de Trévise : immeuble Louis-Philippe.
- Musée Grévin, 10 boulevard Montmartre : musée de cire installé dans un bâtiment à la façade Belle-Epoque ; suite de salles au rez-de-chaussée et souterraines, salles d'illusions, de miroirs déformants
- Musée Gustave-Moreau, 14 rue de La Rochefoucauld : maison-atelier du peintre qui le légua à l'Etat : petit hôtel de 2 étages milieu XIXème siècle, atelier de l'artiste ; fenêtres à colonnes du 1er étage.
- Théâtre de l'Athénée-Louis-Jouvet, 7/9 rue Boudreau ; reconstruit fin XIXème siècle sur un précédent théâtre en sous-sol. Louis Jouvet le rénova en 1934 aidé par le décorateur Christian Bérard : façade légère faite de 2 verrières superposées et d'un fronton.
- Théâtre Edouard VII, place Edouard VII ; réalisé juste avant 1914 ; la place est bordée d'arcades sous balustres formant galerie couverte.
Le théâtre occupe 5 travées de cet ensemble classique. Sacha Guitry y a régné pendant les années 1920.
- Théâtre des Folies-Bergères, 32 rue Richer ; construit en 1869, modifié peu après, reconstruit vers 1920 en style Arts déco ; célèbre music-hall, spécialisé dans les spectacles légers, passage obligé des vedettes de la chanson et des variétés.
- Théâtre Mogador, 25 rue Modagor ; construit en même temps que l'Edouard VII, également par un architecte anglais ; spécialisé dans les revues parisiennes, puis les opérettes des années 1930 et ensuite les chansons de charme du style Tino Rossi : façade ornée de vitraux, confort britannique de la salle.
- Théâtre de l'Olympia (inscription conservatoire), 28 boulevard des Capucines ; ancêtre du music-hall dès sa reconstruction fin XIXème siècle : revues, acrobates, opérettes, variétés ; il se spécialisa ensuite dans la chanson et toutes les vedette y défilèrent.
Devenu cinéma de 1930 à 1953, il fut repris par Coquatrix qui en fit la scène de consécration des chanteurs contemporains.
- Théâtre de Paris, 15 rue Blanche ; célèbre à la Belle-Epoque avec Réjane, soutenu par Volterra ensuite, puis par Popesco dans les années 1950 en se spécialisant dans les auteurs contemporains. Adjonction d'une seconde salle en 1955 : façade d'ordre classique, décor rappelant sa vocation scénique. - Comédie de Paris, 42 rue Fontaine ; par Pingusson en 1930, ce fut d'abord un music-hall ; depuis les années de guerre, théâtre classique de haut niveau : façade dépouillée de style paquebot.
- Casino de Paris, 16 rue de Clichy ; ce fut à l'origine une "folie" XVIIIème siècle.
Henri Varna, à partir de 1930 en fit le n° 1 du music-hall à Paris, étape obligatoire de tous les visiteurs étrangers, tout en restant de bonne tenue : fête permanente, richesse des costumes et du décor, animation assurée par les meilleurs artistes du jour, mais pas de spectacles "osés".
- Le Palace, 8 rue du Faubourg-Montmartre ; aménagé dans un bâtiment XVIIIème siècle, puis transformé par Volterra vers 1925 en style Arts déco ; ce fut l'un des hauts lieux de l'opérette et du music-hall jusqu'en 1938, notamment avec Henri Varna qui le baptisa l'Alcazar ; actuellement fermé.
- Hôtel des ventes Drouot, 9 rue Drouot ; l'ancien hôtel 1850 agrandi en 1900, fut démoli et remplacé en 1980 par un nouvel établissement (Biro et Fernier, architectes) qui a plus que doublé la surface primitive (plus d'un hectare), avec 17 salles et différents services.
Style contemporain mais qui reste dans les lignes générales d'Haussmann.
OUVRAGES D'ART
- Accès au métropolitain : station Opéra (angle rue Auber/rue Scribe) ; station Cadet (angle rue Cadet/rue La Fayette) ; oeuvres de Hector Guimard dans le style Art nouveau.
HOTELS PARTICULIERS (par ordre alphabétique des noms)
- Ancien hôtel d'Aumont, 2 rue Caumartin ; fin XVIIIème siècle par Aubert : logis flanqué de 2 ailes, façade néo-classique, hautes fenêtres à balustres, décors et sculptures.
- Hôtel Bony, 32 rue de Trévise : hôtel Restauration avec influence italienne, conservé en arrière-cour et restauré récemment ; l'ensemble est ; le portail et sa grille d'époque sont conservés 13 rue Bleue .
- Ancien hôtel Belanger, 13/15 rue St-Georges ; fin XVIIIème siècle, groupe de 3 hôtels ; l'ensemble remodelé a été fondu en un seul bâtiment avec dôme central, siège d'un grand hôtel de tourisme.
- Ancien hôtel de Biéville, 10 rue de La Grange-Batelière ; vers 1750 : ferronneries et décor sculpté en façade, vantaux de la porte, vestibule à colonnade et cage d'escalier.
- Hôtel de Choudens, 21 rue Blanche ; construit à la Belle-Epoque, c'est un compromis de classicisme et d'Art nouveau : hautes fenêtres bombées à l'étage, corps central en retrait par rapport aux ailes ; façades et toitures, jardin d'hiver, cage d'escalier et rampe en fer forgé.
- Hôtel de Choudens, 2 bis rue Caumartin ; reconstruit vers 1880 par l'architecte Grapillard sur un lot de l'opération Aubert en imitation de l'hôtel d'Aumont, son voisin du n° 2 : façade et toiture.
- Hôtel Claude-Philibert, 19 rue de La Rochefoucauld ; milieu XVIIIème siècle, actuellement sur cour, bâti pour le financier Claude Philibert : façade et portail.
- Hôtel Cromot-du-Bourg, 9/11 rue Cadet ; hôtel milieu XVIIIème siècle ; acquis à la Belle-Epoque par la ville de Paris (syndicat professionnel) : façades, cage d'escalier et rampe ; les pièces de réception du 1er étage . - Hôtel Drevet, 5/7 rue Ballu ; construit et décoré par lui-même vers 1815 : façades et toitures sur rue et impasse.
- Hôtel Frémy, 32/34 rue de Châteaudun ; 2 petits hôtels jumelés construits vers 1863 par l'un des fondateurs du Crédit Foncier : style néo-Renaissance, chargé en sculpture et ferronneries (annexe ministérielle).
- Hôtel Jollivet, 11 cité Malesherbes ; hôtel construit par le peintre Jollivet pour lui-même ; décor du type Art nouveau : revêtements et décors extérieurs en lave émaillée sur le thème floral, façades et toiture.
- Hôtel Lapeyrière, 3 rue de La Tour-des-Dames ; reconstruit début XIXème siècle sur un hôtel fin XVIIIème siècle : façades, décor de la chambre à coucher XVIIIème siècle.
- Hôtel des Maréchaux, 13/17 rue Richelieu ; bâtiment Restauration de 3 hôtels juxtaposés : longue façade commune, retour d'aile sur cour fermée par un bâtiment de fond ; façades néo-classiques ; cage d'escalier, décoration du n° 13, passage cocher et sa porte, cour du n° 15 ; passage et cage d'escalier du n° 17.
- Hôtel Marin-Delahaye, 1/3 rue Caumartin ; série d'hôtels due à Aubert fin XVIIIème siècle : décor de façade classique, assez chargé ; façade et décor du salon circulaire.
- Ancien hôtel de Mademoiselle Mars, 1 rue de La Tour-des-Dames et 7 rue de La Rochefoucauld ; hôtel Restauration, remanié par la suite : façade classique avec porte et colonnes ioniques (rue de La Tour-des-Dames) ; façades sur rues et jardin ; vestibule avec son décor.
- Ancien hôtel Mercy-Argenteau, 16 boulevard Montmartre ; fin XVIIIème siècle, modifié au début XIXème siècle, premier et deuxième étages d'origine : décor intact XVIIIème siècle.
- Hôtel de Montfermeil, 68 rue de la Chaussée-d'Antin ; construit par Ledoux en 1789, il fut confisqué, puis occupé par le cardinal Fesch : l'immeuble actuel, fin XIXème siècle, conserve sur cour une partie de la façade de Ledoux.
- Hôtel Moreau, 20 rue de la Chaussée-d'Antin ; faisait partie de 3 hôtels construits par Lakanal : 2 sont en façade (transformés en immeubles) ; le 3ème, occupé par le général Moreau, est en retrait avec accès par allée centrale : agrandi et restauré, il a gardé son caractère et son décor.
- Hôtel Paul-Delaroche, 9 rue Victor-Massé ; construit pour le peintre sous Louis-Philippe : façade néo-Renaissance.
- Hôtel Regnault-de-St-Jean, 54/56 rue de Provence ; fin XVIIIème siècle sur l'ancien hôtel de Thun : façades et toitures.
- Hôtel Renaud, 28 place St-Georges ; hôtel vers 1840, de style gothico-Renaissance ; la Païva y vécut.
- Ancien hôtel Rousseau, 66 rue La Rochefoucauld, "folie" rurale fin XIXème siècle de l'architecte Rousseau, agrandie au XIXème siècle (à l'arrière d'un immeuble plus récent) : façades et toitures du corps principal .
- Hôtel Scheffer ; hôtel Restauration des frères Ary et Henri Scheffer : atelier d'Ary ; façade et toiture de la maison du fond de cour, de l'atelier d'Henri et dépendances de celui d'Ary.
- Ancien hôtel Talma, 9 rue de La Tour-des-Dames ; construit sous la Restauration par le célèbre acteur : façade sobre sur rue, décorée sur jardin ; chambre avec son décor d'origine.
- Maison Viollet-le-Duc, 68 rue Condorcet ; construite pour lui-même, appartement et cabinet, vers 1865 : façade simple, sur un pilastre un grand-duc sculpté (son emblème) ; mosaïques à sujets animaliers à l'intérieur.
IMMEUBLES (par ordre alphabétique de rues)
- Cité d'Antin : créée à la Révolution, elle a été à plusieurs reprises éventrée (percement de la rue Lafayette) et a perdu tout caractère d'ensemble urbain ; les nos 1 à 7, 16, 18, 35 et 37 sont, sans unité d'architecture ni de décor.
- Rue d'Athènes, nos 1 bis et 3 bis, immeubles reconstruits XIXème siècle : façades et toitures.
- Rue d'Aumale, n° 10, milieu XIXème siècle, chargé en sculptures : façades.
- Rue Boudreau, n° 8, fin XVIIIème siècle (architecte Aubert) : façades et toitures.
- Rue Buffault, n° 26, fin XVIIIème siècle : façade sur rue.
- Rue Cardinal-Mercier, n° 12, fin XIXème siècle : façade très ornée (ferronneries, sculptures, verrière), appartement sur 2 niveaux ; fontaine, en forme de temple grec dans un bassin circulaire.
- Rue Caumartin, n° 4, fin XVIIIème siècle (Aubert), comme les suivants : façade à pilastres ioniques et décor sculpté ; n° 6 : idem, mais façade plus ornée ; nos 8 et 10 : idem, le portail du n° 10 ; n° 30, idem, façade ; n° 41 : sous-station Opéra, façade sur rue ; n° 60, fin XVIIIème siècle : façade ; n° 71 : façade, arcades du rez-de-chaussée, vantaux du portail.
- Rue Chauchat, n° 23 ; par Viollet-le-Duc ; immeuble de 6 étages : architecture classique avec balcons de développement variable selon les étages. Rue de la Chaussée-d'Antin, nos 2 et 4, construit à la Révolution sur une ancienne caserne, très remanié : restent les 2 portes avec vantaux ; nos 6 et 8 : même époque, façades et toitures, décor sculpté et ferronneries ; nos 16, 18, 22 : par Lakanal, composés de 3 hôtels, 2 jumeaux en façade, modifiés à la Restauration, vestiges de décor ; hôtel en retrait (voir hôtel Moreau).
- Rue de Clichy, n° 44 : fin XVIIIème siècle, façade et toiture.
- Rue de Douai, n° 15, vers 1860 par Viollet-le-Duc, façade ornée d'ordre classique ; n° 22, immeuble XIXème siècle : rez-de-chaussée avec décor de boiseries et de stuc néo-Renaissance.
- Rue d'Estienne-d'Orves, n° 2, proche de l'église de la Trinité (vers 1865) : façade classico-antique avec 2 énormes statues de dieux grecs.
- Rue Fontaine, n° 7, immeuble Louis-Philippe : façade et toiture.
- Place Gustave-Toudouze, n° 4, immeuble Louis-Philippe, décor Directoire : façades, celle sur cour est la plus ornée.
- Rue du Helder, nos 1 et 3, immeubles fin XVIIIème siècle : façades.
- Rue Joubert, n° 17, fin XVIIIème siècle : façade et son porche ; n° 20, fin XVIIIème siècle par Bélanger, architecte : transformé fin Louis-Philippe mais façade ornée avec pilastres et sculptures XVIIIème siècle ; n° 33, même époque : façade et toiture.
- Rue Lamartine, n° 33, début XIXème siècle : façade et toiture.
- Rue de Londres, nos 17 et 21, immeubles Louis-Philippe : façades et toitures.
- Rue des Mathurins, n° 18, fin XIXème siècle : façade à partir du 1er étage et toiture.
- Rue de Navarin, n° 9, époque Louis-Philippe ; petit bâtiment de 2 étages, décor gothique flamboyant plaqué en façade : gâbles, balcons ajourés, frise…
- Rue Notre-Dame-de-Lorette, nos 49, 50, 52, maisons vers 1840 (rue spécialisée alors dans la galanterie) : façades et toitures.
- Rue Pigalle n° 34, maison fin XVIIIème siècle (occupée par une loge) : petit salon et son décor d'époque ; façade, toiture, fontaine dans la cour .
- Rue de Provence, n° 32, immeuble XVIIIème siècle sur rue et cour : façades et toitures sur rue et passage charretier ; nos 40, 42, 44, vers 1840 ; 3 immeubles à façade unique : style classique, entrée centrale à fronton et pilastres ; façades (sculptures) et toitures ; n° 92, même époque : façade et toiture. - Rue St-Georges, n° 4, début XIXème siècle, habitée par Talma : façade sur cour, décoration intérieure ; n° 27, XIXème siècle : façade.
- Rue St-Lazare, nos 30 et 31, immeubles Empire : façades ; n° 58, début XIXème siècle, où habita le peintre Paul Delaroche : façade classique, peinte en polychromie vers 1970 ; n° 71, de même époque : façades et toitures. - Rue Victor-Massé, nos 21 bis, 23, 25, 27, immeubles Louis-Philippe d'un classicisme assez libre : décoration florale, façades et toitures.
ELEMENTS D'ARCHITECTURE
- 9 rue du Faubourg-Poissonnière : façade sur cour et bas-relief des Quatre-Saisons .
- 20 rue de La Chaussée-d'Antin : décor Ier Empire du salon circulaire .
- 34 rue de Provence : vantaux de la porte .
- 8 rue St-Georges : porte monumentale sur rue et vantaux fin XVIIIème siècle .
ARCHITECTURE PROFESSIONNELLE
- Banque nationale de Paris, 14 à 18 rue Bergère, anciens locaux du Comptoir national d'Escompte ; reconstruit milieu XIXème siècle : façades et toitures, vestibule d'entrée, salle des Pas-Perdus et charpente métallique, escalier d'honneur et son accès ; bureaux de direction, salle de conseil ; 16 boulevard des Italiens, immeuble 1930 : portes en fer forgé, verrière centrale. 20 boulevard des Italiens : immeuble Louis-Philippe, dit la Maison Dorée (abondantes ferronneries en fonte dorée), fenêtres à pilastres ; immeuble sauvé par la BNP vers 1975, agrandissement à l'identique rue Taitbout et immeuble suivant en verre et métal. Nos 16 et 20, siège social et direction générale.
- Société Générale, banque 25/31 boulevard Haussmann : façades et toitures sur rues, grand hall et verrière, grand escalier et salle des coffres.
- Le Grand Hôtel, boulevard des Capucines/rue Scribe/place de l'Opéra ; vers 1860 dans le style des abords de l'Opéra ; immense hôtel (370 m de façades développées) : salle-à-manger (salle des fêtes) et son décor ; salles avec son décor du Café de la Paix.
- Bains Chantereine, 46 rue de la Victoire, d'époque Restauration : façade et toiture sur rue, 1er niveau de la façade sur cour, vestibule.
- Grands magasins du Printemps, 1865 par Jules Jaluzot selon une formule révolutionnaire, reconstruits après incendie en 1881 : décor Belle Epoque, verrière et métal alliés à la pierre ; anciens magasins rue du Havre, boulevard Haussmann, rue de Provence, rue Caumartin : façades et toitures, à l'exclusion de la surélévation moderne. - Ancien bouillon Chartier, 7 rue du Faubourg-Montmartre : décors intérieurs Belle-Epoque, verrière, globes lumineux.
- Confiserie Tanrade, 18 rue Vignon : devanture. - Marchand de miel, 24 rue Vignon : devanture.
- Epicerie fine, 35 rue du Faubourg-Montmartre, magasin "A la mère de famille" : devanture et vitrines Belle-Epoque.
- Crémerie, 13 rue Rougemont : devanture.
- Poissonnerie, 28 rue du Faubourg-Montmartre : décor extérieur et intérieur fin XIXème siècle de sujets marins, en carreaux de céramique.
- Eglise Notre-Dame-de-Lorette, 18 bis rue de Châteaudun, d'époque Restauration pour remplacer la chapelle XVIIème siècle, premier sanctuaire de l'arrondissement ; plan basilical d'inspiration antique : lourd portique d'ordre corinthien et fronton triangulaire où sont perchées 3 statues ; riche décor intérieur.
- Eglise Saint-Eugène, 14 bis rue Sainte-Cécile, milieu XIXème siècle de style néo-gothique : structure en fer et fonte creuse ; façade à 3 portails, nef et 2 bas-côtés ; décor intérieur vert et or ; orgues et vitraux d'époque.
- Eglise Saint-Louis-d'Antin, 63/65 rue Caumartin ; chapelle du couvent des Capucins fin XVIIIème siècle par Brongniart ; désaffecté à la Révolution, le couvent devint le lycée Condorcet fin XIXème siècle ; la chapelle devint paroissiale sous le Ier Empire : architecture classique dépouillée, façade à fronton triangulaire, nef voûtée en berceau ; décors et peintures murales milieu XIXème siècle.
- Eglise de la Trinité, place de la Trinité, vers 1860 par Ballu ; archétype du pastiche Second Empire (ici néo-Renaissance) très chargé : porche à arcades supportant un bâtiment plus réduit à rosace centrale, haut clocher à 6 étages dont le lanternon final ; intérieur somptueux, coloris et effets décoratifs très élaborés, autel en bronze doré, orgues Cavaillé-Coll (concerts).
- Chapelle Sainte-Rita, 65 boulevard de Clichy, ancienne chapelle XIXème siècle d'un couvent, dans l'enceinte du lycée Jules-Ferry.
- Eglise "Vieille Catholique" (Union d'Utrech), 15 rue de Douai.
- Eglise orthodoxe, 28 rue Laferrière : église Saint-Constantin-Sainte-Hélène, de rite grec.
- Chapelle Notre-Dame-des-Grâces (catholique orthodoxe), 16 rue Duperré.
- Eglise évangéliste allemande, 25 rue Blanche.
- Temple de la Rédemption, 16 rue Chauchat ; temple luthérien aménagé en 1840 dans un bureau de douane ; celui-ci d'origine Restauration, style néo-antique, entrée par portique à colonnade.
- Temple Milton, 10 rue Hippolyte-Lebas ; église Réformée de France.
- Eglise évangélique allemande, 23 bis rue Las Cases.
- Synagogue, 44 rue de la Victoire ; vers 1875 sur l'emplacement d'un hôtel fin XVIIIème siècle de Brongniart : sanctuaire de vastes proportions, pastiche romano-byzantin ; façade à 3 étages d'arcades en plein cintre et fronton courbe ; intérieur rigoureux très élaboré, éclairé de vitraux d'époque.
- Synagogue de rite allemand, la plus importante de France.
- Synagogue, 28 rue Buffault ; ce fut à l'origine un sanctuaire séfardite réservé aux juifs portugais, construit fin XIXème siècle dans le style des synagogues traditionnelles : péristyle supportant des arcades en façade.
- Synagogue Rachi, 6 rue Ambroise-Thomas ; juifs hongrois.
- Synagogue, 18 rue Saint-Lazare, sur l'emplacement d'un théâtre fondé fin XIXème siècle ; temple séfardite.
- Autres synagogues : 18 rue Saint-Lazare ; 4 rue Saulnier ; 10 rue Cadet ; 8 rue Lamartine.
- Musée national Gustave-Moreau, 14 rue de La Rochefoucauld .
- Musée Grévin .
- Musée de la vie romantique, 16 rue Chaptal (voir hôtel particulier Scheffer).
- Musées Fragonard, 9 rue Scribe et 39 boulevard des Capucines : histoire de la parfumerie de l'Antiquité à aujourd'hui, collections de flacons.
- Musée du Grand-Orient, 16 rue Cadet, au siège du Grand Orient de France : musée maçonnique, documents, historique, attributs, traditions et rites.
- Fondation Dosne-Thiers, 27 place Saint-Georges : collections napoléoniennes réunies dans l'ancien hôtel Thiers ; peintres de l'époque.
- Musée du théâtre national de l'Opéra : historique, documents, maquettes de décors, oeuvres d'art liées à l'histoire de l'Opéra.

Sites :
- Site de l'ensemble des 11 premiers arrondissements.
- Monument "vu d'en haut" : grand magasin du Printemps (30 m par ascenseur et escalier).
ESPACES VERTS
- Square Montholon, rues Lafayette/Montholon (4 000 m²) : rénové 1970, arbres magnifiques inattendus ici ; disposition étagée du jardin.
- Square de la Trinité (3 000 m²) : forme avant-scène de l'église, en prolongement de son accès par escalier à double révolution ; 3 fontaines et un espace vert ombragé.
- Square Berlioz, place Adolphe-Max : minuscule centre de carrefour (moins de 1 000 m²), mais site paisible ; statue de Berlioz.
- Square d'Anvers, en bordure du boulevard de Rochechouart (4 000 m²) : la proximité du boulevard n'est pas propice à la rêverie romantique, pas plus que la modernisation opérée vers1970.

Ressources et productions :
Le XIXème siècle a imprégné l'arrondissement de son architecture, mais aussi la vie littéraire et artistique intense qui s'y développa, la presse et le théâtre qui connurent leurs plus grands évènements.
L'industrie s'y est peu développée, mais les métiers en relation directe avec l'art, l'imprimerie, la scène, la décoration y tiennent le premier rang, dont les métiers d'art : arts de la table avec leur capitale rue de Paradis : orfèvrerie, céramique, émail, linge ouvré.
Le plus célèbre atelier de broderie est doublé par un Institut supérieur de broderie d'art ; autres créateurs de broderie d'ameublement, de dentelle ; arts graphiques, affichistes, créateurs de typographie, taille-douciers ; restaurateurs de haut niveau dans la plupart des domaines de l'objet, du livre, du tableau ou du meuble ; quartier Laffitte, centre des diamantaires.

Vie locale :
CULTURE
- Importante activité culturelle : 7 musées (voir chapitre musées).
- Conservatoire municipal, 67/69 rue de Douai. ; Conservatoire national d'art dramatique, 2 rue du Conservatoire.
- Théâtres : Théâtre Athénée-Louis-Jouvet, 4 square de l'Opéra-Louis-Jouvet.
Casino de Paris, 16 rue de Clichy.
Comédie Caumartin, 25 rue Caumartin. Comédie de Paris, 42 rue Fontaine.
Théâtre Edouard VII, 8 place Edouard-VII. Les Folies-Bergères, 32 rue Richier.
Théâtre Fontaine, 10 rue Fontaine. Théâtre Grévin, 10 boulevard Montmartre. Théâtre d'Images, 7 rue Ambroise-Thomas.
Théâtre La Bruyère, 5 rue La Bruyère.
Théâtre Mogador, 25 rue Mogador.
Théâtre des Nouveautés, 24 boulevard Poissonnière.
Olympia, 8 rue Caumartin.
Théâtre national de l'Opéra, place de l'Opéra. Théâtre de l'Oeuvre, 55 rue de Clichy.
Théâtre de Paris, 15 rue Blanche. Théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges..
Théâtre de l'Ile-St-Louis, 19 rue de Navarin. Théâtre 347, 20 bis rue Chaptal.
- Bibliothèques : Bibliothèque Drouot, 11 rue Drouot. Bibliothèque de l'Eau-Vive, 7 rue Blanche.
Bibliothèque pour tous, 4 rue Fléchier. Bibliothèque de Saint-Louis-d'Antin, 63 rue Caumartin et 4 rue du Havre.
Bibliothèque Thiers, 27 place Saint-Georges. Bibliothèque-discothèque Valeyre, 24 rue de Rochechouart. Bibliothèque de l'Opéra de Paris, place Charles-Garnier.
- Ecoles : Ecole supérieure de culture française contemporaine, 175 boulevard du Faubourg-Poissonnière.
Ecole française de tourisme. Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, 21 rue Blanche.
SPORTS ; 31 disciplines - Equipements sportifs : Centre sportif Valeyre, 22/24 rue Rochechouart : piscine, gymnase (parquet), terrain d'éducation physique, centre d'animation.
Gymnase Paul-Gauguin, 33 rue Milton : salles de sport. Salle de sports Buffault : boxe, escrime Salle de sports de La Tour-d'Auvergne, 15 bis rue de La Tour-d'Auvergne. Piscine Georges-Drigny, 18 rue Bochart-de-Saron.
VIE LOCALE
- Centres de loisirs : Centre ADAC, 10 rue de la Chaussée-d'Antin (disciplines du spectacle).
Association récréative culturelle et sportive de l'école mixte d'application, 9 rue Blanche.
- Hôtel des ventes Drouot .
- Capitale de la Philatélie : quartier Drouot/Provence.
- Pèlerinage à ste Rita, chapelle Sainte-Rita, 65 boulevard de Clichy : 22 mai et bénédiction des roses.
- Grands magasins : Le Printemps ; Galeries Lafayette.
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