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» GÉOGRAPHIE(S)

Les avantages du site originel, qui s'étend sur 105 km², sont multiples.

Les îles, beaucoup plus nombreuses autrefois, ont facilité

le franchissement du fleuve – en premier lieu celle de la Cité, qui a constitué aussi un site de défense.
Les nombreuses terrasses insubmersibles, proches du fleuve, surtout sur la rive droite, d'abord du pont Notre-Dame au Pont-Neuf (30 à 35 m), ont permis l'extension de la ville. Dans Paris, la Seine est à peine à 29 m au-dessus du niveau de la mer.
L'extrême découpage, en buttes, des rebords des plateaux de l'Île-de-France est dû à des phénomènes structuraux, ondulations et failles, mais aussi aux confluences, notamment de la Marne et de la Seine, et aux

déplacements latéraux des deux fleuves. Le col de la Chapelle, au nord, et la vallée de la Bièvre, au sud, sont des voies de passage; avec la vallée de la Seine, de direction générale sud-est / nord-ouest, cet axe nord-sud constitue la «croisée de Paris».
La cuvette parisienne est entourée d'une véritable ceinture de forêts à peine interrompue au nord-est de la plaine de France, entre la forêt d'Ermenonville et l'ex-forêt de Bondy ; cet axe nord-sud appartient à une sorte de grand couloir déboisé, passant, du sud au nord, par Montlhéry, Paris, Saint-Denis, Écouen, Viarmes.

La fonction de capitale politique exercée par Paris depuis dix siècles résulte de multiples facteurs : sa situation géographique, au centre du Bassin parisien, qui en fait une zone de grande confluence fluviale ; le tracé étoilé des réseaux de communication routier, autoroutier, ferroviaire et aérien ; la liaison

TGV

facile avec la mer par la Seine navigable ; la proximité relative de l'Europe du Nord-Ouest, l'une des concentrations les plus industrialisées et urbanisées au

monde. Paris est en position marginale par rapport au pôle industrialo-urbain qui va de Rotterdam à Milan.
Mais ce désavantage pourrait être largement compensé par la mise en place du réseau TGV européen à partir de Paris, dont il sera la plaque tournante, et par le tunnel sous la Manche.

banlieue parisienne

Paris a fait naître une banlieue trois fois plus peuplée, qui s'étend aujourd'hui jusqu'à près de 50 km

du centre, principalement le long des vallées, des voies ferrées et des autoroutes. L'influence du centre de la capitale est aussi prédominante sur la totalité du reste de l'Île-de-France, neuf fois moins peuplé que l'agglomération. Du fait de sa croissance, de l'augmentation et de la diversification de ses besoins, du raccourcissement des distances et de l'intensification de la circulation, Paris et son agglomération vivent en symbiose avec la région qui les entoure.

Malgré l'essor et la croissance des villes du Bassin parisien, la capitale exerce une forte emprise sur tout ce qui se trouve dans un rayon d'au moins 200 km. Dans la perspective de l'unité européenne, Paris se révèle ainsi un atout majeur pour la France de l'Ouest, du Centre et du Sud.


Paris connaît les plus forts taux d'activité et de productivité de l'Hexagone. Le taux de chômage global est inférieur à la moyenne nationale. Le nombre de cadres supérieurs ainsi que la moyenne des rémunérations sont élevés. Par conséquent, la capitale enregistre le plus haut niveau de vie de toute la France. C'est dire que les processus économiques engendrés par les grandes métropoles et les effets d'entraînement sur leur environnement sont ici singulièrement efficaces.

Secteur tertiaire

Paris et son agglomération, pourtant dépourvus de matières premières, sont devenus, au XIXème siècle, la plus importante région industrielle du pays. Aujourd'hui, ce secteur recule, ou change de caractère, tandis que le tertiaire se multiplie et se diversifie, comportant de plus en plus d'activités de communication et de transaction, et repoussant les activités industrielles en banlieue.

Paris est cependant en prise directe sur l'Île-de-France, la plus complète région industrielle française. Presque tous les secteurs y sont représentés, à l'exception des mines, de la sidérurgie lourde et de la filature des fibres textiles naturelles (laine, coton, soie, etc.).

L'industrie a, jusqu'à la dernière décennie du XXème siècle, fortement marqué le paysage des

quartiers périphériques de Paris (quai de Javel, Tolbiac, la Chapelle) et de la très proche banlieue.

Usine de Flins

Aujourd'hui, dans la grande banlieue, se créent partout des zones industrielles. C'est principalement l'automobile qui a donné le signal du glissement vers l'aval de la vallée de la Seine : Nanterre, Poissy, Flins, Cléon, Sandouville.

On compte environ 20 000 petites et moyennes industries, soit 30 % des entreprises françaises de ce type, dont la moitié appartient au secteur des biens de consommation courante. Elles sont davantage tournées vers les industries de pointe (électronique, informatique) et les productions de luxe. L'artisanat de fabrication et de réparation dans Paris englobe ici des métiers d'art nombreux et variés: bronziers, doreurs, ébénistes, graveurs, luthiers, orfèvres, horlogers, relieurs, etc.

L'agglomération représente un «tissu» industriel fait d'un faisceau complexe de relations, qui relient les activités entre elles: le tourisme aux industries de luxe, la recherche et les activités scientifiques et artistiques aux industries de pointe et à celles productrices de biens à caractère culturel.
La main-d'œuvre occupée par les industries représente au total 38 % de la population active de

l'agglomération, mais en y incluant tous les emplois des sièges sociaux, bureaux, laboratoires et entrepôts – en nombre plus important que partout ailleurs en France. Les activités manuelles proprement productrices représentent de moins en moins d'emplois.

Depuis quelques années, l'éventail des industries parisiennes se simplifie, par la progression relative des industries de pointe – en particulier électriques, électroniques et informatiques –, et par l'amenuisement progressif des branches traditionnelles comme le bois, l'habillement, le cuir ou l'imprimerie. À cela s'ajoutent de fréquents regroupements. En vingt ans (de 1967 à 1987), dans l'agglomération, le nombre d'établissements a diminué de plus de 15 %, soit de 30 000, essentiellement parmi les entreprises à la limite de l'artisanat et de la petite industrie.

Atelier de couture

Paris et la région parisienne constituent donc un des pôles industriels les plus complexes qui soient, bien plus que ceux des grandes régions industrielles, comme la Lorraine ou le Nord. Le souci de décongestionner la capitale se heurte en permanence à celui d'y maintenir une masse suffisante d'emplois, ce que facilite le développement du secteur tertiaire (lequel ne fait cependant pas appel à la même main-d'œuvre).


Les activités tertiaires emploient, à Paris et dans l'agglomération, bien plus d'actifs que l'industrie – près de 3 millions de personnes –, et l'écart, conformément à l'évolution économique générale, va croissant. La fonction de capitale politique et administrative, au sens large, représente près du tiers de ces emplois.

Quartier Latin

Mais la part «intellectuelle» du secteur tertiaire est largement partagée avec la Région: universités, recherche, activités productrices de biens à caractère culturel (livres, revues, photos, musique, disques, films, spectacles, etc.). À partir du Quartier latin, l'université et les grandes écoles, ainsi que la recherche, ont essaimé. La Sorbonne a donné naissance à treize universités et à de nombreux organismes et centres de recherche.

Paris ne suffit plus à contenir ses foires et ses Salons en tout genre, qui se déroulent aussi en banlieue : CNIT à la Défense ; parc d'expositions de Parinor à Villepinte.

CNIT La Défense

C'est la ville au monde qui accueille le plus grand nombre de congrès, de Salons et d'expositions. Certains lieux voient passer plus de 1 million de curieux par an, notamment le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou et la tour Eiffel, dans Paris, mais aussi Versailles et Disneyland-Paris, à Marne-la-Vallée. Néanmoins, c'est toujours le «polygone sacré» qui attire le plus les touristes: il est délimité par la tour Eiffel, l'Étoile, Montmartre, Notre-Dame, le Panthéon, le Louvre, les Invalides. Les touristes fournissent aussi une grande partie de la clientèle des 200 musées, 120 théâtres ou

music-halls et de celle des hôtels : 200 000 chambres sont disponibles en Île-de-France, dont les trois quarts dans la capitale.
Le commerce alimentaire de gros a été profondément transformé par le transfert des Halles à Rungis. Celles-ci constituent un équipement unique au monde, et exercent des fonctions de redistribution à l'échelle du pays tout entier, et même à l'étranger.

M.I.N. Rungis

Tout ce bouillonnement d'activités tertiaires affecte de plus en plus Paris et sa banlieue.
Il se traduit par une augmentation continue de la superficie des bureaux, par leur modernisation et leur prolifération: passant par la Défense, les Champs-Élysées et Bercy, un axe tertiaire de plus de 30 km de long, le plus attractif d'Europe, s'étend de Saint-Germain-en-Laye à Marne-la-Vallée.


Les transformations de Paris et de sa banlieue se sont accélérées durant le quart de siècle qui vient de s'écouler (1960-1985).

Le parc immobilier a donc connu depuis 1954, et surtout 1962, des transformations importantes que l'on peut attribuer, en partie, à l'initiative publique (opérations de rénovation), mais dans une plus large mesure à l'initiative privée, génératrice d'opérations plus dispersées, et qui, au total en surface de plancher, comptent deux fois plus. Tandis que les pouvoirs publics «dédensifiaient» l'est de Paris, l'initiative privée a densifié l'Ouest.

Ces transformations du parc immobilier sont bien évidemment liées à celles des populations et des activités, qui se caractérisent principalement par une désindustrialisation de la

périphérie de Paris, un embourgeoisement de la structure socioprofessionnelle de la population résidante, sa diminution et son vieillissement, mais surtout par un développement important des activités tertiaires privées et publiques. Tous phénomènes qui ne sont pas contradictoires avec la croissance du nombre de logements et de leur surface de plancher.

La densification a concerné le quart de la surface des parcelles. Si elle continuait au même rythme pour le reste de la ville, d'ici à soixante ans Paris connaîtrait un renouvellement complet, et la surface de plancher augmenterait environ de moitié. Mais il s'agit d'une extrapolation purement théorique. À une période de renouvellement rapide et assez anarchique pourrait, peu à peu, succéder une

période qui se caractériserait plutôt par la conservation et l'entretien du parc immobilier, avec un renouvellement beaucoup plus lent et une densification plus faible.


Autour de Paris, après la floraison anarchique des grands ensembles, comme à Sarcelles et à Massy, les cinq villes nouvelles – Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée, Melun-Sénart, Évry et Saint-Quentin-en-Yvelines –, prévues au schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) de 1964, sont devenues une réalité et commencent à structurer la grande banlieue. Il s'agit d'atténuer l'attirance exclusive du centre de Paris et de faire naître des pôles d'urbanisation secondaires périphériques suffisamment attrayants, associant bassin d'emplois et zones d'habitation proches.

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