La Commune de Paris fut
un gouvernement révolutionnaire formé
à Paris le 26 mars 1871. Dans plusieurs
autres villes de France (Marseille, Lyon,
Saint-Etienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble,
Limoges) des communes ont été
proclamées à partir du 3 mars
1871, mais elles ont été toutes
rapidement réprimées.
La Commune de Paris trouve sa source dans
un élan réellement républicain
qui se réferait à la Première
République et au gouvernement révolutionnaire
de la Commune de Paris (1792), ainsi
qu'à
l'insurrection populaire de 1848 qui avait
instauré la Deuxième République
en février et qui avait été
réprimé de façon sanglante
dès juin par un gouvernement réactionnaire.
C'est d'ailleurs depuis ces événements
que le peuple de Paris se reconnaîtra
derrière le Drapeau Rouge (symbolisant
le sang du peuple ouvrier) et récusera
le drapeau tricolore synonyme de répresssion.
De 1789 à 1871, la France aura vécu
principalement sous des régimes monarchiques
(Premier Empire, Restauration, Monarchie
de Juillet, Second Empire), le régime
républicain n'ayant fonctionné
que très peu d'années. En
juillet 1870, Napoléon III entreprend
une guerre contre la Prusse, mal préparée
qui le conduit rapidement à la défaite.
La Troisième République est
proclamée le 4 septembre 1870, mais
la guerre continue. Paris est assiégé
et connaît une grave famine au cours
de l'hiver 1870-71. Le gouvernement de la
république s'exile d'abord à
Bordeaux, puis il s'installera à
Versailles.
L'assemblée et le gouvernement de
Versailles sont composés d'une forte
majorité de monarchistes divisés
sur le prétendant à installer,
et tous d'accord pour rester en république,
l'histoire leur ayant enseigné que
les républiques ne durent pas. Le
gouvernement de Versailles cherche une issue
à la guerre contre la Prusse et s'apprête
à capituler devant la Prusse. Les
parisiens qui ont supporté un siège
très dur ne sont pas prêts
à accepter que leurs sacrifices soient
récompensés par une capitulation
qui se présente comme catastrophique.
Voilà les ferments de la Commune
de Paris : l'élan républicain,
les souffrances du siège, la perspective
de la capitulation et le fait que la république
soit dirigée par des monarchistes.
Adolphe Thiers qui, lorsqu'il était
ministre de Louis-Philippe Ier, avait commandé
la construction des fortifications qui entouraient
Paris, et qui semblaient devoir défendre
la ville contre des ennemis, avait déjà
calculé à l'époque
que pour mettre une fin définitive
aux insurrections populaires il suffisait
d'enfermer les insurgés dans la ville
et les réprimer. Le 17 mars 1871,
Thiers et son gouvernement quittent discrètement
Paris et envoient la troupe au cours de
la nuit s'emparer des canons de la Butte
Montmartre. Ce même jour Thiers a
pris soin de faire arrêter Auguste
Blanqui (républicain révolutionnaire
surnommé l'Enfermé parce qu'il
a passé plus de la moité de
sa vie dans les prisons des rois et de l'empereur)
qui se reposait chez un ami médecin
à Bretenoux (Lot). De là il
le fait transferrer dans une forteresse
pour s'assurer qu'il ne participerait pas
à l'insurrection parisienne. Thiers
était bien conscient que l'insurrection
parisienne avait bien moins de chance de
réussir une fois privée de
celui que beaucoup d'insurgés souhaitaient
comme chef.
Le 18 mars au matin le peuple s'oppose
à la troupe qui rapidement fraternise.
Deux généraux, Lecomte (responsable
des massacres de juin 1848) et Thomas, sont
tués. C'est le début de l'insurrection.
Des élections sont organisées
le 26 mars : c'est la proclamation de la
Commune. Des figures républicaines
de premier plan sont élues dans ce
gouvernement révolutionnaire : Jules
Vallès, Delescluzes, Raoul Rigault,
Gustave Flourens, Eugène Varlin,
Benoît Malon ... Les listes qui se
réclament de Auguste Blanqui recueillent
un grand nombre de voix. La Commune va gouverner
Paris jusqu'au 20 mai, votant des lois d'avant-garde
que la république n'instaurera que
plusieurs décennies plus tard (droit
de vote des femmes, interdiction du travail
de nuit pour les enfants, séparation
de l'église et de l'état,
etc.). Le calendrier républicain
est utilisé. De nombreux journaux
paraissent (Le Cri du Peuple, Le Père
Duchêne, L'insurgé, ...).
Mais la Commune devra combattre pour se
défendre contre les armées
« versaillaises » (troupes commandées
par le gouvernement de Versailles). La courte
histoire de la Commune est faite de nombreux
épisodes militaires où les
revers sont plus nombreux que les succès.
Ce sera un des nombreux sujets de discorde
de l'assemblée des élus de
la Commune où les divergences étaient
nombreuses, les débats houleux et
interminables aboutissant à des scissions.
Premier pouvoir révolutionnaire
prolétarien, la Commune de Paris,
désavouée à l'époque
par toute la bourgeoisie, a été
revendiquée par la gauche et l'extrême-gauche.
Elle inspirera Lénine qui en tire
des leçons qui lui permettent de
réussir la Révolution d'Octobre.