Couvrant une
superficie de 865 ha environ, le bois de Boulogne,
«poumon» de la capitale
au même titre que Central Park à
New York, occupe le site de l’ancienne
forêt de Rouvray.
Au milieu du XIXème siècle,
Napoléon III demande au Baron Haussmann
de redessiner le bois de Boulogne en s’inspirant
de Hyde Park à Londres ; des lacs artificiels
et un réseau hydrographique complexe
sont ainsi créés.
Il est toutefois sérieusement endommagé
en 1870-1871, lors de la guerre contre les
Prussiens, puis à nouveau restauré
par la suite. Les champs de course d’Auteuil
et de Longchamp, qui accueillent par ailleurs
différents types de manifestations
sportives ou culturelles, dont des concerts
en plein air, figurent parmi les lieux les
plus célèbres du bois de Boulogne,
qui abrite également le jardin d’Acclimatation,
le parc de Bagatelle, le Pré Catelan
et de nombreuses installations sportives dont
les courts de tennis de Roland Garros.
Avant
la tempête de décembre 1999,
on comptait près de 142 000 arbres
dans le bois de Boulogne. avec une très
nette domination des chênes qui représentaient
56 % des peuplements. Les robiniers venaient
en deuxième position (11 %) devant
les pins (10 %).
Charmes. frênes. hêtres. tilleuls
et diverses essences de nos contrées
voisinent toujours avec des espèces
introduites comme les cèdres, les
séquoias ou les marronniers.
Ce bois de 846 ha est un vestige de l'immense
forêt du Rouvray qui couvrait jadis
le nord-ouest de la région parisienne.
Une église dédiée à
Notre-Dame de Boulogne fut fondée
en 1301 par Philippe le Bel, en souvenir
de son pèlerinage à Boulogne-sur-Mer
: le futur bois a hérité de
son nom.
Sous le règne de Louis
XI, deux routes sont tracées:
une route Passy - Boulogne et une autre
entre Passy et le bac de Neuilly. Le bois
"s'humanise". En 1531, François
1er y fait construire le château
de Madrid. Mais l'aménagement étudié
du bois commence sous le règne d'Henri
IV (plantation de 15 000 mûriers).
Louis
XIV fait tracer ensuite des allées
en étoile pour faciliter la chasse
à courre, l'une de ses grandes
passions.
Au XVIIIème siècle, de belles
demeures sont élevées aux
abords du bois : ce sont le château
de la Muette, la folie Saint-James, Ranelagh
et surtout Bagatelle, seul vestige de ces
propriétés luxueuses qui furent
détruites à la Révolution.
C'est au cours du Second Empire que le bois
de Boulogne va prendre son statut et sa
physionomie actuels: propriété
de l'Etat en 1848, il est cédé
à la Ville de Paris par Napoléon
III en 1852 avec la charge de l'aménager
afin d'en faire un lieu de promenade et
de détente pour les Parisiens.
Entre 1852 et 1858, des allées sinueuses
remplacent les allées royales rectilignes,
les lacs inférieur et supérieur
sont creusés et reliés entre
eux par une cascade et trois petites rivières
sont aménagées. 400 000 arbres
supplémentaires sont plantés.
Le bois a particulièrement souffert
de la tempête du 26 décembre
1999 et bien des endroits sont aujourd'hui
méconnaissables.
Le Jardin d'Acclimatation a été
aménagé en 1860 par l'architecte
Davioud et le paysagiste Barillet-Deschamps
sur une vingtaine d'hectares.
On pouvait alors y voir des serres abritant
une flore luxuriante, un parc zoologique
peuplé d'animaux exotiques et même
croiser des représentants de tribus
lointaines...
Orienté plus tard vers le parc d'attractions,
le Jardin d'Acclimatation tend à
retrouver sa vocation première en
se spécialisant dans l'accueil des
enfants, dont c'est désormais le
royaume (guignol, ateliers, animations,
etc,).
Un bâtiment moderne d'apparence plutôt
austère, élevé en 1969
par Jean Dubuisson abrite le musée
des Arts
et Traditions populaires qui regroupe
depuis 1937 les collections ethnographiques
issues du Trocadéro. Galerie culturelle,
laboratoire de recherche
et lieu d'expositions temporaires se vouent
à la présentation de l'homme
et de l'univers (le milieu, les techniques,
les coutumes et les
croyances), ainsi qu'à l'approche
de la société avec ses pratiques,
ses institutions et ses œuvres, d'où
l'impressionnante diversité des collections
de ce musée quelque peu délaissé.
Le parc de Bagatelle est un espace clos
de 24 ha enclavé dans le bois, propriété
de la Ville de Paris depuis 1905.
En fait, Bagatelle existe depuis la Régence
et le maréchal d'Estrées y
avait une maison dès 1720. Le comte
d'Artois racheta le domaine en 1775 et y
fit construire l'actuelle folie par Bélanger
en 63 jours!
On y travailla à un rythme très
soutenu (800 ouvriers mobilisés jour
et nuit) pour permettre au comte d'Artois
de gagner son pari contre Marie-Antoinette,
sa belle-sœur, qui jugeait impossible
que l'on puisse édifier un palais
en un laps de temps aussi court!
Mais ce sont lord Seymour et son fils, sir
Wallace, ses propriétaires à
partir de 1835, qui vont lui donner son
véritable aspect : remaniement du
château de Bélanger, constructions
de l'orangerie, des communs, des écuries.
du trianon et des deux pavillons de garde.
Dès 1906, le parc de Bagatelle fut
aménagé par Jean-Claude Nicolas
Forestier (auteur du Champ-de Mars) pour
y abriter des collections de plantes de
la Ville de Paris. et son chef-d'œuvre
reste la célèbre roseraie,
située face à l'orangerie
: on y voit près de 8 000 rosiers
(représentant 1 300 variétés)
et tous les ans, en juin, se déroule
un concours de roses nouvelles qui remonte
à 1907 !
Il est fort agréable de flâner
dans ce beau parc tranquille en suivant
d'abord la promenade à l'anglaise
avec son miroir japonais, ses cascades,
ses grottes, ses petits ponts, ses belvédères,
ses kiosques et la fameuse pièce
d'eau des nymphéas, haut lieu de
cette escapade romantique.
On peut ensuite découvrir le jardin
à la française et sa belle
rigueur: le jardin des iris ou la roseraie
citée un peu plus haut.
L'hippodrome de Longchamp a été
construit à partir de 1855 et inauguré
le dimanche 26 avril 1857 par l'Empereur
Napoléon III en personne. Il est
dédié aux courses de plat
que peuvent applaudir 12 000 spectateurs.
Mais il a également reçu le
pape lors des Journées de la jeunesse
au cours de l'été 1999, et
accueilli des événements musicaux
comme le fameux concert des Rolling Stones.
Le carrefour de Longchamp occupe
l'emplacement du domaine
de Longchamp où fut édifiée
au XIIIème siècle une abbaye
fondée par sainte Isabelle, la sœur
de Saint Louis.
De rares vestiges de cet établissement
subsistent dans le domaine privé
du Centre international de l'enfance, de
l'autre côté de la route.
La Grande Cascade est une création
qui est entièrement artificielle.
Ce pittoresque site a été
aménagé au cours du règne
de Napoléon III et il doit son cachet
si typique à l'apport de 4 000 m3
de rochers de Fontainebleau. La cascade
mesure 10 m de hauteur.
La station de métro Porte Dauphine
conserve la plus belle des entrées
réalisées en 1902 par Hector
Guimard, maître de l'Art nouveau.
Haut lieu du bois, le Pré Catelan
abrite un restaurant gastronomique renommé
où le randonneur désargenté
ne pourra guère faire étape...
Ce clos, qui devrait selon la légende
son nom à un troubadour lâchement
assassiné dans le secteur, est propriété
de la Ville de Paris depuis 1856.
Un parc d'attractions y fonctionna entre
1860 et la guerre de 1870. De nos jours,
on est séduit par l'extraordinaire
hêtre pourpre âgé de
plus de 210 ans, la pelouse bordée
d'arbres remarquables et le jardin Shakespeare,
aménagé en 1954, avec ses
espaces thématiques restituant les
éléments végétaux
des décors des pièces du grand
auteur tragique anglais.
Le lac inférieur ou Grand Lac s'étend
sur 11 ha à l'est de la pelouse de
l'ancien château de la Muette où
Pilâtre de Rozier et son compère
d'Arlandes s'élevèrent pour
la première fois en montgolfière
en 1783.
Avec ses deux îles, le lac inférieur
présente bien des attraits. Le chalet
des Îles a été construit
en Suisse, près de Berne, par Seiler
pour être ensuite remonté dans
l'île principale au cours du second
Empire!
À l'extrémité sud de
l'île, le kiosque de l'Empereur a
été édifié par
Gabriel Davioud en 1857 et destiné
à l'usage de Napoléon III
et de l'impératrice Eugénie:
ce bel édifice a subi une restauration
complète en 1986. Ce lac artificiel
regorge aujourd'hui d'une grande variété
de poissons d'eau douce: carpes, goujons,
gardons, perches, tanches et brochets.
De l'autre côté du carrefour
des Cascades, le lac supérieur ne
couvre que 3 ha, d'où son nom de
Petit Lac... Ses eaux sont appréciées
par les truites arc-en-ciel et fario.
La butte Mortemart livre l'accès
à l'hippodrome d'Auteuil. Construit
en 1873 entre les anciennes fortifications
de Paris et la butte de Mortemart, ce site
hippique renommé est consacré
aux courses d'obstacles.