Le parc des Buttes-Chaumont
s'étend sur 24 ha et constitue encore
aujourd'hui le plus bel exemple des aménagements
d'espaces verts réalisés sous
le second Empire : au début du XIXème
siècle, ce lieu appelé le Mont
chauve est encore l'un des plus sinistres
de Paris avec ses carrières de gypse.
À partir de 1864, Alphand va réhabiliter
ces anciennes carrières avec l'aide
du jardinier Barillet-Deschamps, de l'architecte
Davioud et de l'ingénieur Belgrand.
Terrassements, plantations multiples, création
d'un lac et de cascades, petites constructions
diverses : le parc paysagé à
la mode haussmannienne est inauguré
le 1er avril 1867, lors de l'Exposition universelle.
Mouettes rieuses, poules d'eau, cygnes noirs
ou oies à tête barrée
et bien d'autres oiseaux, comme la fauvette
à tête noire, la mésange
nonnette, la grive musicienne et la sittelle
torche-pot peuvent être observés
dans ce parc et font le bonheur des ornithologues.
De nombreux arbres remarquables se dressent
au bord des allées sinueuses : hêtres
pourpres, kakis, aulnes, ginkgos, sophoras,
etc.
Des hauteurs,
enfin, s'ouvrent de beaux points de vue
sur les environs du parc, notamment la butte
Montmartre.
Après être entré par
la porte de la Villette (métro Botzaris)
on peut emprunter l'allée de Crimée,
bordée de nombreux arbres remarquables
tels le savonnier de Chine, le caragna et
le févier... On franchit un pont
qui domine la voie ferrée de la Petite
Ceinture avant son entrée dans un
long tunnel. Une autre voie ferrée
se dirigeait vers les anciens abattoirs
de la Villette. On remonte ensuite vers
un belvédère livrant une jolie
vue sur le lac et son île. En redescendant
vers le lac, on peut observer des arbres
intéressants comme le sophora. Diverses
attractions, dont un kiosque et un guignol,
sont offertes au public.
L'attraction majeure du parc est un lac
qui s'étend sur 2 ha et entoure une
petite île singulière que l'on
peut rallier : un escarpement impressionnant
haut de 35 m est couronné par une
construction dite «temple de Sibylle»,
inspirée de celui de Tivoli et réalisée
par Gabriel Davioud. La vue sur Montmartre
y est imprenable. L'accès à
l'île se fait par deux ponts : un
pont suspendu de 65 m de long et le fameux
pont des Suicidés surplombant
l'ensemble du haut de ses 22 m.
On peut redescendre du promontoire rocheux
par le chemin des Aiguilles, composé
d'un escalier de 200 marches taillées
dans la roche.
Toujours au bord du lac, mais sur l'autre
rive, on peut observer des tulipiers dont
les fleurs jaune vert ressemblent à
la tulipe, d'où leur nom...
Un ruisseau artificiel, alimenté
par le bassin de la Villette, s'écoule
en une cascade haute de 32 m au creux
d'une grotte, dont le plafond d'une hauteur
de 20 m est orné de stalactites tout
aussi artificielles.
Plus loin, on rejoint la route Circulaire
: au bord, face au lac, des ginkgos, ou
arbres aux quarante écus. La rivière
dégringole la pente par petits paliers
de pierre soigneusement aménagés.
On regagne ensuite l'allée des Marnes
puis l'allée Darcel : un étroit
chemin conduit à un belvédère.
Un dernier belvédère nous
attend au-dessus du restaurant du pavillon
Puebla.
En revenant vers la porte de la Villette
par l'allée Jacques-de-Liniers, on
ne peut manquer sur la droite le kaki dont
le feuillage prend une couleur spectaculaire
l'automne venu... L'allée de la Cascade
passe juste au-dessus de cette chute d'eau,
que nous voyions tout à l'heure depuis
la grotte en contrebas .