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» PARIS : CIMETIÈRE DU PÈRE LACHAISE



Tombe de Frédéric Chopin - Cimetière du Père-Lachaise La nécropole la plus célèbre de Paris, lieu éminemment romantique du souvenir, est aussi le plus vaste espace vert de la capitale, avec ses 44 ha.
5 300 arbres (de cinquante espèces différentes) ombragent les tombes des personnalités les plus prestigieuses des arts, des lettres ou de la politique que dessert un dédale de 15 km d'allées soigneusement entretenues.
Deux millions de personnes viennent s'y recueillir chaque année.
Tout commence sous l'Empire lorsque Alexandre Brongniart, le futur architecte de la Bourse, est chargé de concevoir le cimetière de l'est de Paris sur l'emplacement d'un territoire jadis propriété des jésuites, au point de rencontre des villages de Belleville, Ménilmontant et Charonne.
Conçu comme un jardin à l'anglaise, le cimetière ouvre ses portes le 21 mai 1804 mais reste ignoré des Parisiens : il faudra l'inhumation d'ossements prestigieux comme ceux d'Héloïse et d'Abélard en 1817, de Molière et de La Fontaine pour le y attirer promeneurs et curieux.

Ce cimetière, qui doit son nom au père de La Chaise, confesseur de Louis XIV, fut aussi un haut lieu tragique de l'Histoire de France : le 28 mai 1871, les Versaillais exécutent 147 fédérés, mettant un terme sanglant à la Commune. Le "mur des Fédérés" témoigne de ce sanglant épisode historique.

On oppose la partie la plus ancienne et la plus accidentée du site (classé en 1962) correspondant à l'ancien domaine des jésuites et traitée à l'anglaise, affirmant son caractère romantique , à la partie supérieure s'étendant sur le plateau grâce aux acquisitions foncières plus récentes dont l'aspect géométrique est incontestablement moins séduisant. Notre circuit n'offre qu'une petite sélection des personnalités inhumées dans ce vaste cimetière (plan à l'entrée).
Mais, en premier lieu, au départ de la place Gambetta, nous différons l'entrée dans le cimetière en le longeant au nord par le charmant square Samuel-de-Champlain qui occupe une superficie de plus de 1 ha plutôt pentue : créé en 1899, il abrite quelques arbres remarquables dont un frêne à feuilles simples et un érable de Montpellier.
Nous entrons dans le cimetière du Père-Lachaise par la porte des Amandiers. Avenue des Peupliers, sur la droite, la chapelle familiale où repose le peintre Georges Seurat (mort le 29 mars 1891 à 31ans), théoricien du divisionnisme. Prendre à droite le chemin d'Ornano qui mène à l'avenue Circulaire : sur la gauche, le monument sobre et élégant de Colette (1954). Sur la gauche, l'avenue principale est bordée par les monuments de l'architecte Visconti (1853), du musicien Rossini (1868), du tombeau d'Alfred de Musset (1857), devant lequel est planté un petit saule comme le souhaitait l'écrivain, et du mausolée de Haussmann (1891), le baron qui transfigura Paris.
Au bout de l'allée, le monument aux morts réalisé par Bartholomé est un ossuaire abritant les restes issus des tombes abandonnées. On remonte par une petite allée latérale qui conduit à l'esplanade bordée par le monument du peintre de Napoléon 1er , Louis David (1825), orné d'un médaillon. A proximité de la chapelle, se dresse le gigantesque mausolée d'Adolphe Thiers (1877), victime d'un attentat lors de la célébration du centenaire de la Commune en 1971.
Le long du chemin Denon, le tombeau fleuri de Frédéric Chopin (1849) est joliment agrémenté d'une pleureuse et d'un médaillon réalisés par Clésinger, le gendre de George Sand. La tombe du musicien Michel Petrucciani (1998) fait face à celle, très discrète, de l'écrivain et humoriste Pierre Desproges (1988).
On emprunte ensuite le chemin Méhul jusqu'à l'avenue Casimir Périer qu'il faut traverser en direction du monument qui abrite depuis 1817 les restes à jamais réunis des amants les plus célèbres du Moyen Âge, Héloïse (1164) et Abélard (1142).
En revenant sur ses pas, on suit le chemin Serre puis, à gauche, le chemin Maison et le chemin Lauriston: une des tombes les plus visitées (et surveillées) du Père-Lachaise est celle de Jim Morrison (1971), poète et chanteur-leader des Doors, mort à Paris. Il faut ensuite emprunter le chemin de Lesseps jusqu'au carrefour, puis le chemin de la Bédoyère et remonter à gauche par le chemin Talleyrand pour rejoindre les gros pavés de l'avenue des Acacias: tombeau de Gouvion-Saint-Cyr (1830) puis« l'obélisque» de Scribe (1861). À partir de l'avenue transversale n° 1, un chemin livre l'accès aux sarcophages de Molière (1673) et de La Fontaine (1695) ; l'auteur dramatique voisine avec le fabuliste depuis la réinhumation en 1817 de leurs restes; on est en droit de mettre en doute leur authenticité...
Non loin de là, sont enterrés les peintres Honoré Daumier (1879), Jean-Baptiste Camille Corot (1875) et Daubigny (1878).
Au bord du chemin du Quinconce, la tombe discrète de Mouloudji (1994). Plus loin, on retrouve Rosine Bernard, plus connue sous le nom de Sarah Bernhardt (1923). On rejoint l'avenue Carette puis l'avenue transversale n° 2 : sur la gauche, la tombe de Victor Noir, journaliste abattu le 10 janvier 1870 par le prince Pierre Bonaparte, dont le gisant est l'objet d'un culte particulier de la part des femmes stériles ou insatisfaites...
Avenue Greffülhe puis allée transversale n° 3 : dans la descente, sur la gauche, la tombe d'Édith Piaf (1963). On rejoint l'avenue Circulaire: le secteur du mur des Fédérés est dédié principalement aux nombreuses victimes de la barbarie nazie, aux communards et aux communistes. Le plus célèbre des communards enterrés ici reste Jean-Baptiste Clément (1903), l'auteur du Temps des cerises qui fut aussi maire de Montmartre à partir du 26 mars 1871. Quant aux communistes, ils se succèdent le long de l'avenue Circulaire : Maurice Thorez (1964), Jacques Duclos (1975), Marcel Cachin (1958), Paul Éluard (1952) et Paul Vaillant-Couturier (1937).
On y voit aussi les monuments émouvants des déportés de Ravensbrück, d'Auschwitz-Birkenau, de Dachau, etc.
Avenue Carette, le beau monument d'Oscar Wilde (un sphinx sculpté par Epstein), écrivain irlandais mort à Paris en 1900, est couvert de traces de rouge à lèvres, des témoignages d'admiration sincère qui semblent perturber sa descendance, qui s'obstine à nettoyer le tombeau.
Avant de pénétrer dans le columbarium, presque au bout de l'avenue Aguado, sont réunis l'actrice Simone Signoret (1985) et le chanteur-acteur Yves Montand (1991), l'un des couples d'artistes les plus prestigieux du XXème siècle. Le vaste columbarium-crématorium a été construit par Jean-Camille Formigé à partir de 1886 dans le style néo-byzantin et inauguré le 27 avril 1889 : y sont entreposées les cendres de la danseuse Isadora Duncan (1927), de l'écrivain humoriste Pierre Dac (1975), du cinéaste Max Ophuls (1957) et du peintre Max Ernst (1976), entre autres.
En poursuivant l'allée transversale n° 2, sur la droite, on découvre le monument en granit noir de l'écrivain Marcel Proust (1922).
Il faut alors traverser la division 86 où se dresse la belle stèle du poète Apollinaire (1918). L'une des tombes les plus visitées et les plus fleuries est celle d'Allan Kardec (1804-1869) : le fondateur du spiritisme, qui gît sous un «dolmen» orné d'un buste signé Capelaro; son tombeau fait l'objet d'une grande vénération de la part de nombreux amateurs des sciences occultes.
Avenue Delacroix, un monument en lave de Volvic a été élevé à la mémoire du peintre Delacroix (1864). En poursuivant la boucle, on découvre la tombe de l'écrivain Gérard de Nerval (1855) qui fait face à l'un des plus illustres défunts du Père Lachaise, Honoré de Balzac (1850) ; on doit son buste à David d'Angers. L'immense auteur de la Comédie humaine est enterré avec Mme Hanska, sa maîtresse polonaise qui devint sa femme quelques mois avant sa mort.
Il faut ensuite remonter l'avenue des Thuyas puis l'avenue Circulaire pour sortir porte Gambetta et retrouver l' animation parisienne ...

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