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» PARIS : L'ÎLE DE LA CITÉ

Ile de la Cité Berceau de Lutèce, cœur historique de Paris, l'île de la Cité a longtemps regroupé tous les pouvoirs, politique, juridique et religieux.
L'île actuelle n'a rien à voir avec ce vieux noyau médiéval que nous montrent les gravures anciennes : Haussmann a transformé le site et en a remodelé la physionomie. S'il a dégagé le parvis de Notre-Dame pour la mettre en valeur, il a détruit la majeure partie du patrimoine de l'île (on y comptait une quinzaine d'églises jadis!).
Le quartier est dominé aujourd'hui par les vastes constructions du Palais de Justice, du Tribunal de commerce, de la Préfecture de police (36, quai des orfèvres) et de l'Hôtel-Dieu.
Le Palais de Justice s'étend ainsi sur l'emplacement de l'ancien palais royal délaissé à la fin du XIVème siècle par Charles V.
Son ampleur actuelle résulte d'agrandissements successifs, notamment au XVIIIème siècle et sous le second Empire, "emprisonnant" ainsi la Sainte-Chapelle.

Les bâtiments les plus intéressants bordent le quai de l'Horloge, à commencer par la tour de l'Horloge, édifice carré haut de 47 m, connue pour son horloge publique, la première installée à Paris en 1371 par Henri de Vic pour Charles V, refaite sous Henri III (sculptures de Germain Pilon), restaurée aux XVIIème et au XIXème siècles. Se succèdent ensuite les tours coiffées en poivrière : la tour César et la tour d'Argent datent de 1300. Quant à la tour Bonbec, dont le nom évoqie les tortures de jadis qui savaient si bien rendre bavards les moins loquaces, elle date du XIIIème siècle, mais a été reconstruite en 1935 suite à un incendie. Ce sont les vestiges du palais royal des Capétiens.
À l'intérieur, la Conciergerie est la plus vieille prison parisienne mais sa sinistre renommée atteint son apogée au moment de la Révolution. On visite tout d'abord la salle des gardes (accueil et billetterie), construite vers 1310, avec près de 23 m de long, 12 m de large et 7 m de haut. Puis la vaste salle des gens d'armes, splendeur gothique (1301-1315) aux dimensions remarquables : 64 m de long, 27,5 m de large, 8,5 m de hauteur sous les voûtes; trois rangées de piliers et de colonnes (69 en tout). Cet ancien réfectoire communiquait avec la Grand' Salle du palais par un bel escalier à vis. Les cuisines sont aussi à visiter : d'immenses cheminées occupent les quatre coins de la pièce.
La rue de Pâris (du nom du bourreau actif pendant la Révolution) est le couloir central qui accueillait les «pailleux», les prisonniers les moins bien lotis. La visite se poursuit par le couloir des prisonniers, les bureaux du greffier et du concierge, trois cellules, la salle des Girondins (ancienne chapelle), la chapelle expiatoire de Marie-Antoinette et le cachot de cette dernière, lieux reconstitués de manière évocatrice.
La place Dauphine est une place triangulaire créée par Henri IV en 1607 et baptisée en l'honneur de son fils, le futur Louis XIII. Les trente-deux maisons avaient été bâties en brique et en pierre dans l'esprit de la création quelques années plus tôt de la première place Royale, l'actuelle place des Vosges. Le côté oriental fut détruit en 1874 pour que le promeneur puisse davantage goûter la façade un peu pompeuse du Palais de Justice... Elle conserve toutefois un charme indéniable.
À l'origine, il y avait l'île aux Juifs, l'île aux Treilles et l'îlot de la Gourdaine. Elles furent réunies à l'île de la Cité par Henri IV pendant la construction du pont Neuf.
À la proue du navire de l'île de la Cité, la statue équestre d'Henri IV domine le square du Vert-Galant, accessible par un escalier. Ce coin charmant offre la sérénité à l'ombre d'un saule pleureur, lieu idéal pour se livrer à l' observation des mouettes, des canards colvert ou des goélands de plus en plus familiers, ou d'apprécier les magnifiques points de vue sur le pont Neuf et les quais, le Louvre et l'hôtel de la Monnaie.
La Sainte-Chapelle a été bâtie pour Saint Louis afin d'abriter les reliques du Bois de la Croix et de la Couronne d'Épines chèrement acquises auprès de Baudoin II, empereur de Constantinople. La première pierre de ce bijou gothique, attribué à Pierre de Montreuil, fut posée en janvier 1246 et elle fut consacrée le 25 avril 1248. Reconstruite au XVIIème siècle, suite à un incendie, elle fut pieusement restaurée par Duban et Lassus : la flèche de 75 m a été élevée en 1857. Ce chef d'oeuvre du gothique rayonnant allie légèreté, élégance et équilibre. Autre curiosité de la Sainte-Chapelle : elle présente deux étages, la chapelle haute réservée au roi et à sa famille, la chapelle basse pour le «tout venant»... Dédiée à la Vierge, cette dernière mesure 17 m de large avec une hauteur sous voûte limitée à 7 m et est joliment décorée. Accessible par un escalier, la chapelle haute est une pure merveille avec une hauteur sous voûte de 20 m, ses dorures et ses statues et, surtout, ses 15 fenêtres (15,4 m sur 4,25 m) ornées des plus beaux vitraux (618 m²) : les deux tiers des 1 134 scènes présentées ici dateraient du XIIIème siècle. À voir si possible par beau temps quand les rayons du soleil frappent les verrières, générant des éclairages quasi surnaturels.
Le square Jean-XXIII, anciennement de l'Archevêché, a été aménagé par le préfet Rambuteau en 1844 sur l'emplacement d'un petit enclos jouxtant le palais de l'Archevêché. La vue est imprenable sur le chevet de Notre-Dame. La promenade y est bien agréable à l'ombre des tilleuls taillés, des merisiers, des ormes pleureurs ou des cerisiers du Japon. Ce square abrite une fontaine dédiée à la Vierge, élevée dans le style gothique par Vigouroux en 1845.
Le square de l'Ile-de-France occupe la pointe orientale de l'île, jadis îlot séparé où furent déposés les gravois du chantier de la cathédrale au XIIIème siècle, puis site de la morgue installée par Haussmann en 1864 et détruite en 1914. Aujourd'hui, l'endroit est calme et agréable. Un saule pleureur y apporte sa touche romantique.
À l'extrémité du jardin, le mémorial des Martyrs de la déportation est une crypte qui s'ouvre sous un monument en béton conçu par Henri Pingusson à partir de 1954 et inauguré en 1962 par le général de Gaulle : les 200 000 bâtonnets de verre commémorent les 200 000 Français morts en déportation.
Pour rejoindre l'Hôtel-Dieu, nous empruntons les rares petites rues de la Cité épargnées par le baron aménageur, notamment la jolie rue Chanoinesse (anciennes maisons de chanoines aux n° 22 et 24, hôtel du Grand Chantre au n° 12) et la rue de la Colombe qui porte le même nom depuis 1223... L'Hôtel-Dieu actuel a été construit dans le style néoflorentin par Diet entre 1866 et 1878 : l'hospice des Enfants trouvés de Germain Boffrand (1747) tout comme les édifices antérieurs ont été rasés par Haussmann.
Place Louis-Lépine, le marché aux fleurs se tient depuis 1809 : de nos jours, une trentaine de fleuristes se partagent des stands sous des pavillons de type Baltard. Paulownias et catalpas agrémentent cet endroit bien agréable au cœur d'un environnement urbain plutôt froid.
Le marché aux oiseaux, quant à lui, est hebdomadaire.

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