On accède à
l'île depuis la Cité par le
petit pont Saint-Louis : c'est semble-t-il
le septième pont
jeté en cet endroit depuis 1630...
Les précédents furent victimes
des crues de la Seine ou d'accidents de
navigation.L'actuel pont construit en métal
en 1969-1970 est d'une sobriété
exemplaire et est réservé
aux piétons
L'Ile Saint-Louis offre un remarquable
ensemble d'hôtels particuliers.
L'axe majeur de l'île est la rue Saint-Louis-en-l'Île
qui draine tout le
quartier et offre aux promeneurs
des façades souvent ornées
de petits détails pittoresques, des
galeries d'art, des épiceries fines
et des restaurants.
Au n° 51, l'hôtel de Chenizot,
construit au XVIIème siècle,
présente ainsi une façade
ornée de chimères supportant
le balcon et composant avec d'autres éléments
une des réussites les plus étonnantes
de l'art rocaille.
Plus loin, c'est l'hôtel du Jeu de
Paume (XVIIème siècle), reconverti
en hôtellerie de luxe. La rue des
Deux-Ponts est bordée, côté
impair, de vieilles maisons datant de l'époque
Louis-XIII.
Sur la droite, au n° 6 du quai d'Orléans,
l'hôtel dans le style du XVIIème
siècle abrite depuis 1853 la Société
historique et littéraire polonaise
et ses musées : un musée,
créé en 1903, est voué
au poète Adam Mickiewicz (1798-1855),
une salle est consacrée à
Frédéric Chopin.
Le quai de Béthune est connu pour
ses fameux balcons que Le Vau voulut très
esthétiques : longtemps ce quai s'appela
d'ailleurs le quai des Balcons.
De nombreux hôtels ont été
restaurés comme l'hôtel Hesselin
(n° 24), construit initialement par
Le Vau en 1642, ou l'hôtel de Richelieu
(n° 18). La première pierre de
l'église Saint-Louis-en-l'Ile dessinée
par Le Vau fut posée en 1664. Elle
était alors destinée à
remplacer la première chapelle érigée
en 1623. Mais, faute de crédits,
les travaux durent cesser. Ce n'est que
grâce à une loterie autorisée
par le roi que l'église put être
définitivement terminée en
1725. Au final, un édifice exemplaire
du baroque français du XVIIème
siècle avec son intérieur
très richement décoré.
Elle est caractéristique aussi du
fait de son étroit clocher ajouré
(reconstruit en 1755) et de son horloge
placée comme une enseigne en 1741.
En poursuivant la rue Saint-Louis-en-l'île,
s'ouvre sur la droite la petite rue de Bretonvilliers
: un pavillon en arcade est le seul vestige
de l'ensemble immobilier construit en 1639
pour Claude Le Ragois de Bretonvilliers
par Jacques Androuet Du Cerceau et qui occupait
toute la pointe orientale de l'île
avant d'être victime du percement
du boulevard Henri-IV en 1866.
À l'extrémité orientale
de l'île, de l'autre côté
du boulevard Henri-IV, le square Barye offre
un havre de verdure avec ses aulnes, ses
ifs et ses paulownias. On peut aussi y voir
un cèdre planté par le Premier
ministre du Liban, Rafic Hariri, et Jacques
Chirac, le 18 octobre 1993.
Le monument dédié au célèbre
sculpteur animalier Antoine Louis Barye
(1796-1875) est une œuvre de Bernier
en 1884.
En 1642, Le Vau est chargé de construire
un hôtel pour un dénommé
Jean-Baptiste Lambert, conseiller de Louis XIII.
L'hôtel Lambert est l'un des plus
connus de l'île Saint-Louis, principalement
grâce à ses décorations
intérieures réalisées
par Le Sueur et Le Brun et aux fastes de
sa galerie d'Hercule terminée en
rotonde. Propriété des Rothschild,
elle n'est malheureusement pas accessible
au public.
Quai d'Anjou, l'hôtel de Lauzun est
un autre chef-d'œuvre attribué
à Louis Le Vau, édifié
en 1657. Il doit son nom à son propriétaire
à partir de 1682, le duc de Lauzun,
connu de la petite histoire pour avoir été
l'amant de la Grande Mademoiselle (la duchesse
de Montpensier), cousine du roi, ce qui
déplaisait fortement à ce
dernier et lui valut dix années de
cachot à Pignerol! Cet hôtel
à la sobre façade égayée
d'un balcon chantourné est réputé
pour son exceptionnelle décoration
intérieure (Dorigny, Le Brun, Le
Sueur, etc.) : statues, stucs, plafonds
peints, boiseries et dorures, tout y est
d'une extrême richesse.
La rue des Deux-Ponts franchie, le quai
de Bourbon est lui aussi bordé d'hôtels
d'époque comme celui élevé
au n° 11 pour Philippe de Champaigne,
proche de Marie de Médicis, l'un
des grands peintres classicistes du XVIIème
siècle.
Au n° 15, l'hôtel Le Charron a
été construit entre 1637 et
1640 par Sébastien Bruand.
Aux n° 19 et 19 bis, l'hôtel de
Jassaud a été élevé
en 1650 et s'impose avec sa monumentale
façade aux frontons curvilignes,
son joli balcon et son portail classé.
Le sculpteur Camille Claudel (1864-1943),
soeur de l'écrivain Paul Claudel,
y travailla entre 1899 et 1913, année
de son internement.