Le
parc Montsouris, jardin à l'anglaise
dessiné par Alphand entre 1867 et
1878, s'étend aujourd'hui sur 15
ha. Il constituait à l'époque
le pendant méridional du parc des
Buttes-Chaumont et s'inscrivait dans la
logique de création d'espaces verts
du second Empire : il s'agissait, ici aussi,
de réhabiliter un site de carrière
délaissé, afin d'offrir aux
Parisiens un espace de détente et
de loisirs. Au final, un parc calme, ombragé
et agréablement vallonné,
peuplé d'espèces végétales
variées et comportant une riche avifaune
qui occupe principalement la voie de l'ancien
chemin de fer de la Petite Ceinture (dont
la mésange huppée, le troglodyte
mignon, le gobe-mouches, etc.). Il est aussi
orné d'une dizaine de sculptures
réalisées entre 1878 et 1960,
à découvrir au cours de la
promenade (œuvres d'Etex, de Lipsi,
de Desca, etc.). Près de l'esplanade
du Pavillon-Bardo se dresse un bel arbre
rare, l'arbre parasol de Chine dont les
feuilles ressemblent à celles des
érables. Un belvédère
a été aménagé
sur l'emplacement du pavillon Bardo, détruit
par un incendie en 1991 : vestige de l'Exposition
Universelle de 1867 (pavillon de la Tunisie),
cette réplique du palais du bey de
Tunis fut remontée dans le parc par
Davioud et utilisée comme observatoire.
Non loin de là, la tour signale la
station météologique, créée
en 1947. En bordure du parc, une borne haute
de 4 m est l'ancienne mire de l'Observatoire,
balisant le tracé du méridien
de Paris: elle fut réalisée
en 1806 par Vaudoyer. On suit l'allée
de Montsouris jusqu'à l'entrée
nord du parc. On peut y voir un arbre exotique,
le kaki, dont les feuilles se parent d'une
couleur lie-de-vin à l'automne. La
colonne Flatters rend hommage à une
mission chargée d'étudier
le chemin de fer transsaharien et massacrée
par les Touaregs le 18 février 1881.
Il faut ensuite franchir la ligne du RER
qui traverse le parc de part en part. Une
belle cascade se déverse sur la gauche.
Le lac artificiel s'étend sur près
d'un hectare et était jadis alimenté
par l'aqueduc d'Arcueil : le jour de l'inauguration
du parc, le lac se vida d'un seul coup,
ce qui entraîna le suicide de son
entrepreneur... On peut aujourd'hui y observer
de nombreux canards, des tadornes, des cygnes
à cou noir et des oies à tête
barrée. L'île abrite également
des hérons cendrés. Autour
du lac, on remarque un tulipier de Virginie,
un cèdre du Liban et un hêtre
tortueux parmi bien d'autres arbres dignes
de l'intérêt du promeneur.
Un kiosque et une aire de jeu pour les enfants
devancent le pavillon Montsouris : créé
en 1898, habillé d'une verrière
en 1930, ce restaurant a reçu de
prestigieux clients tels que Lénine
et Trotski, Beauvoir et Sartre, Jouvet et
Carné... L'endroit très prisé
est particulièrement attractif à
la belle saison. Quand on se dirige vers
la sortie, il est conseillé d'emprunter
un sentier qui monte vers une cascade non
loin d'un agréable belvédère.