Lieu de rendez-vous traditionnel
du Quartier latin, la place Saint-Michel
est agrémentée d'une fontaine
réalisée par Gabriel Davioud
entre 1858 et 1860, ornée d'un bronze
de saint Michel terrassant le dragon signé
Francisque Duret.
La rue de la Huchette s'insinue dans le
vieux quartier jadis misérable de
Saint-Séverin, qui doit aujourd'hui
son animation aux nombreux restaurants grecs
et orientaux qui s'y sont installés.
Ouvert depuis 1948, le théâtre
de la Huchette (n° 23) propose depuis
1957, toujours avec le même succès,
la pièce culte d'Eugène Ionesco
"La Cantatrice chauve".
Et le jazz est toujours roi au caveau de
la Huchette (n° 5).
La rue Saint-Jacques, l'une des plus anciennes
de Paris, livre l'accès au chevet
de l'église Saint-Séverin,
édifice gothique flamboyant élevé
du XIIème (nef) au XVème siècle
(chœur) sur l'emplacement d'un sanctuaire
du VIème siècle.
Elle est connue
pour son pilier aux nervures en spirale
au centre du déambulatoire (XVème
siècle). L'intérieur est éclairé
par un ensemble de vitraux anciens (XVème
siècle) et modernes (Bazaine, 1966).
Les chapelles latérales ont été
ornées de peintures murales au XIXème
siècle, œuvres d'Hippolyte Flandrin
(7ème chapelle) et de Gérôme
(12ème chapelle), entre autres. À
l'extérieur, la tour-clocher abrite
la plus vieille cloche de Paris (1412).
À côté de l'église,
s'élèvent toujours les voûtes
gothiques d'un charnier (XVème siècle).
Le petit square André-Lefebvre, inauguré
en 1923, renferme un buste du poète
belge Émile Verhaeren (1855-1916)
à l'ombre d'un catalpa.
Le square qui longe le boulevard Saint-Germain
fut récemment réaménagé
avec la création de jardins d'inspiration
médiévale destinés
à compléter l'ensemble du
musée national du Moyen Âge
: la forêt de la Licorne, un jardin
de simples, un potager de jadis, un «jardin
céleste» accueillent le public
depuis le 23 septembre 2000.
Les thermes de Cluny datent des IIème
et IIIème siècles après
J.-C. : le frigidarium, le tepidarium (restauré)
et le caldarium (dénomination des
différents bassins en fonction de
la température de l'eau) constituent
des vestiges remarquables d'antiques aménagements.
Il en est de même pour l'hôtel
de Cluny, édifié entre 1485
et 1500 pour les abbés de la puissante
abbaye dans le style gothique flamboyant.
L'ensemble thermes et hôtel abrite
depuis 1843 le musée national du
Moyen Âge : on peut y voir notamment
la fameuse Dame à la licorne, tapisserie
emblématique de la fin du XVème
siècle découverte dans le
château de Boussac par Prosper Mérimée
en 1841, ou les 21 têtes de la galerie
des rois de Notre-Dame-de-Paris, vandalisées
en 1793 avant d'être cachées
puis retrouvées par hasard, lors
d'un chantier de restauration à la
chaussée d'Antin en 1977 .
Face au bel hôtel de Cluny, le charmant
square Paul-Painlevé abrite une statue
du peintre Pierre Puvis de Chavanne (1824/1898).
Le collège de France (place Marcellin-Berthelot)
est une institution fondée en 1530
par François
1er. Le vieux collège, construit
à partir de 1611, fut réellement
achevé par Chalgrin en 1778, ses
extensions datant de l'entre-deux-guerres.
Un philodendron de l'Amour, originaire de
la vallée du fleuve chinois (curieuse
écorce fissurée) se dresse
dans le petit square E-A.-Mariette. On y
voit aussi un monument dédié
à Ronsard.
Au nord de la place du Panthéon,
la bibliothèque Sainte-Geneviève
occupe un bâtiment néoclassique
construit par Labrouste entre 1844 et 1850
sur l'emplacement du jadis célèbre
collège de Montaigu, dont Rabelais
et Érasme furent les élèves
les plus prestigieux.
À l'origine, le Panthéon devait
être une église, selon un vœu
émis par Louis
XV : ce dernier, malade, avait promis
de relever l'église Sainte-Geneviève
s'il trouvait la guérison. L'édifice
actuel néoclassique fut initié
par l'architecte Germain Soufflot, dont
il est le chef-d'œuvre, dès
1757, mais sa construction fut achevée
par Rondelet en 1812 bien après la
mort de son créateur. Son plan est
en croix grecque aux dimensions imposantes
(110 m de long sur 82 m de large), son dôme
haut de 83 m doté d'une colonnade
à l'antique, précédé
d'un portique monumental inspiré
des temples de l'Antiquité. Mais,
dès 1791, la nouvelle église
Sainte-Geneviève devient le temple
des grands hommes et accueille Mirabeau,
Marat, Voltaire et Rousseau : les quarante-deux
fenêtres de l'église sont murées
pour renforcer le caractère austère
des lieux. Au gré des régimes,
le Panthéon va changer de destination
: rendu au culte en 1806 par Napoléon
1er, il redevient Panthéon sous Louis-Philippe
en 1830 avant d'être de nouveau église
par la grâce de Napoléon III.
Cette singulière destinée
est définitivement fixée en
1885, au moment des funérailles nationales
de Victor Hugo : le Panthéon restera
le temple de grands hommes.
À l'intérieur, les murs de
l'édifice ont été décorés
par de nombreux artistes dont Puvis de Chavannes.
Les fresques de la coupole sont signées
Gros (1811). La crypte abrite les grands
hommes qui y reposent en paix : Rousseau,
Hugo, Zola, Jaurès, Jean Moulin,
etc.
Marie Curie a rejoint en 1995 la seule femme
admise jusqu'alors au Panthéon, Mme
Berthelot.
André Malraux y fut transféré
le 23 novembre 1996. Mais Mirabeau, le premier
à y entrer en 1791, en fut expulsé
dès 1794 : les temps changent et
le jugement porté sur les grands
hommes évolue au gré de l'histoire.
C'est Richelieu, alors proviseur de la
Sorbonne, qui décide en 1624 la reconstruction
des bâtiments et de l'église.
Cependant, la plus grande partie des locaux
de la plus illustre université française
fut construite entre 1885 et 1901. La chapelle
a été élevée
entre 1635 et 1642 par Lemercier, avec sa
belle façade de style jésuite
(deux ordres superposés seulement)
et son dôme imposant. Longue de 42
m, large de près de 25 m, haute de
51 m, elle abrite le tombeau de Richelieu,
réalisé en 1694 par Girardon
d'après des dessins de Le Brun (visite
possible pendant les expositions temporaires).
Elle domine la charmante place de la Sorbonne.
Le théâtre de l'Odéon
fut bâti en 1782 par Peyre et De Wailly
dans le style néoclassique, afin
d'accueillir les Comédiens français.
La troupe s'étant dispersée
lors de la Révolution, le théâtre
devient propriété privée
et prend le nom de l'Odéon. Suite
à un incendie survenu en 1807, il
est reconstruit à l'identique par
Chalgrin. Il connaît bien plus tard
la gloire avec la troupe Renaud-Barrault
qui y joue jusqu'en 1968 avant son occupation
par les étudiants lors des évènements.
La rue Bonaparte établit la liaison
entre la rue de Vaugirard et la place Saint-Sulpice.
On peut encore y admirer aux n°s 88-90
le magnifique hôtel de Polignac (XVIIIème
siècle).
L'allée du Séminaire, tracée
en 1936 sur l'emplacement de l'ancienne
maison des sieurs de Saint-Sulpice, est
plantée de marronniers d'Inde et
agrémentée d'une fontaine
de la Paix commandée par Napoléon.
La belle place Saint-Sulpice s'ordonne autour
de la fontaine des Quatre-Évêques
due au crayon de Visconti et construite
en 1844 en calcaire de Souppes et de Château-Landon
: on reconnaît Bossuet, Fénelon,
Massillon et Fléchier...
Des bancs à l'ombre des marronniers
roses invitent à un instant de détente.
L'église Saint-Sulpice est un édifice
classique majestueux reconstruit à
partir de 1646 ainsi qu'au cours du XVIIIème
siècle, très imposant par
ses dimensions (119 mde long, 57 m de large
et 30 m de haut), qui le placent de ce fait
entre Notre-Dame
et Saint-Eustache... Bien des architectes
se sont succédé pendant sa
longue construction : Gamard en 1646, Gittard,
Oppenordt et, enfin, Servandoni qui éleva
la façade en 1733 et réalisa
l'étonnante colonnade à deux
étages. La tour nord fut édifiée
par Chalgrin en 1778 et la tour sud par
Maclaurin en 1749 (inachevée). À
l'intérieur, l'ampleur de l'édifice
est saisissante tout comme ses éléments
décoratifs : supports de bénitiers
et une Vierge à l'Enfant de Pigalle
(1774), statues de Bouchardon dans le chœur
(1740), chaire dessinée par Charles
De Wailly, tableaux de Van Loo (1746-1751),
orgue de Cliquot (1781) dans un buffet réalisé
par Chalgrin, coupole de la chapelle de
la Vierge peinte par Lemoyne (1731-1732)
et, bien sûr, la chapelle des Saints-Anges
ornée de trois fresques réalisées
par Delacroix entre 1853 et 1863, à
la fin de sa carrière.
Au pied de l'église Saint-Germain-des-Prés,
le square Félix-Desruelles est occupé
par la statue de Bernard Palissy (1510-1589),
écrivain et savant immortalisé
pour ses recherches sur l'émail.
L'église Saint Germain-des-Prés
demeure le seul témoin de l'abbaye
bénédictine fondée
au VIIIème siècle qui fut
longtemps une vraie cité autonome
avant de péricliter. L'église
en elle-même est la plus ancienne
de Paris : une basilique y aurait été
construite vers 558 par Childebert 1er pour
abriter de saintes reliques et les tombeaux
des rois mérovingiens. Les Normands
la ruineront... L'actuel clocher-porche
roman fut élevé lors de la
reconstruction de l'église il y a
maintenant plus de 1 000 ans et c'est l'un
des plus anciens de France. La nef romane
date du XIème siècle mais
la voûte fut placée au XVIIème
siècle Le chœur date du XIIème
siècle et annonce le gothique : les
peintures murales (nef et chœur) ont
été réalisées
par Hippolyte Flandrin de 1856 à
1863. Le déambulatoire (voûté
sur croisée d'ogives) ouvre sur neuf
chapelles (restauration au XIXème
siècle). Enfin, la chapelle Saint-Symphorien,
construite sur l'emplacement de la nécropole
mérovingienne (fouilles) a vu sa
décoration réalisée
par Buraglio en 1992. Le vieux clocher de
Saint-Germain-des-Prés domine une
petite place animée sur laquelle
donne la terrasse du célèbre
café des Deux-Magots, haut lieu du
Saint-Germain de l'après-guerre avec
Lipp et le Café de Flore, lieu de
rendez-vous des Existentialistes (Sartre,
Beauvoir entre autres).
La rue de l'Abbaye est récente :
elle a été percée en
1800 sur les vestiges du monastère.
Au n° 3 bis, le palais abbatial fut
construit en pierre et en brique en 1586
et restauré en 1978.
La petite place de Fürstenberg et son
unique lampadaire, ombragée par de
jolis paulownias, occupe l'emplacement de
la cour d'honneur de l'ancienne abbaye.
Delacroix a vécu et travaillé
dans un appartement au n° 6, du 28 décembre
1857 au 13 août 1863 : à cette
époque, il s'occupait de la décoration
de la chapelle des Saints-Anges en l'église
Saint-Sulpice. L'État acheta l'ensemble
en 1952 et créa un petit musée
intime qui présente des collections
d'études, de dessins et de documents
révélant l'art de celui qui
est considéré, aujourd'hui,
comme l'un des plus grands peintres de tous
les temps.
L'école nationale des Beaux-Arts
s'est installée depuis 1816 dans
plusieurs constructions anciennes, vestiges
du couvent des Petits-Augustins construit
par la reine Margot. On y remarque l'hôtel
de Chimay (XVIIIème siècle),
l'église élevée vers
1620 avec l'avant-corps central du château
d'Anet réalisé par Philibert
Delorme, la chapelle des Louanges de 1608
dotée du premier dôme construit
à Paris, etc. Dès 1795, l'endroit
est transformé en musée des
Monuments français par Alexandre
Lenoir, l'homme qui sauva bien des trésors
au moment où soufflait la tempête
destructrice de la Révolution.
Par la rue des Beaux-Arts, ouverte en 1825,
on rejoint la rue de Seine et ses galeries
de peinture. Derrière l'Institut,
le square Gabriel-Pemé est joliment
orné d'une statue (Carolina, réalisée
par Marcelo Tommasi en 1968), d'une fontaine
et d'un grand catalpa. Plus haut, le square
Honoré-Champion et sa pelouse sert
d'écrin depuis 1960 à une
statue de Voltaire signée par Léon
Drivier.
L'Institut de France fut fondé par
la Convention le 25 octobre 1795 et regroupe
cinq académies dont la plus célèbre
est l'Académie française créée
en 1635 par Richelieu et qui regroupe aujourd'hui
quarante immortels. Il est installé
depuis 1805 dans les locaux du collège
des Quatre-Nations, fondation posthume de
Mazarin qui doit son nom aux provinces réunies
à la France à partir de 1648.
Ce magnifique édifice est une œuvre
de Le Vau avec sa chapelle, sa célèbre
coupole sous laquelle se réunissent
les académiciens, ses deux ailes
en quart de cercle au bout desquelles se
dressent deux pavillons carrés. Dans
le pavillon est, construit sur l'emplacement
de la fameuse tour de Nesle (détruite
en 1665), la bibliothèque Mazarine
s'est développée à
partir de la propre bibliothèque
de Mazarin et fut la première bibliothèque
publique de France (ouverte dès 1643).
L'hôtel de la Monnaie fut construit
par Jacques Denis Antoine entre 1768 et
1775 en recherchant l'harmonie entre architecture
industrielle et monumentalisme décoratif
néoclassique : la sobre façade
à la remarquable ordonnance court
sur 117 m le long du quai Conti. Le musée
de la Monnaie occupe aujourd'hui les salons
du XVIIIème siècle et évoque
l'histoire de la monnaie depuis l'Antiquité.
Percée en 1607 dans le prolongement
du pont Neuf par Henri
IV, la rue Dauphine fut longtemps l'une
des rues les plus chic de Paris : on y fit
les premiers essais de réverbères
en 1763. Le passage Dauphine, plus secret,
mérite un petit détour (figuier
et olivier).
La rue Saint-André-des-Arts, très
animée, irrigue un vieux quartier
où il est agréable de flâner
parmi des maisons et des hôtels datant
pour la plupart des XVIIème et XVIIIème
siècles.