Le jardin des Tuileries
est avec les pavillons de Flore et de Marsan,
le seul vestige de l'ancien domaine royal.
Le château, déjà bien
endommagé à la Révolution,
fut incendié par les insurgés
de la Commune le 28 mars 1871 : lorsque
l'Assemblée Nationale décide
de le faire raser en 1882, c'est essentiellement
l'image d'un lieu chargé de souvenirs
monarchiques qu'elle souhaite supprimer.
La restauration du jardin fut achevée
en 1997 : elle s'inscrivait dans le projet
du Grand Louvre et impliquait de nombreux
partenaires, paysagistes, architectes et
historiens. Nous avons aujourd'hui un jardin
qui a retrouvé son ordonnancement
classique et qui se présente comme
un véritable musée de sculpture
en plein air (de Coysevox à Giacometti
en passant par Carpeaux et Belmondo).
Le jardin des Tuileries
et celui du Carrousel s'étendent
sur 28 ha, entre la place de la Concorde
et le Grand Louvre. Il est, avec le Champ-de-Mars,
le jardin les plus fréquenté
de Paris.
Il doit son nom aux fabriques de tuiles
qui occupaient ces terrains achetés
par François
1er. Aménagé une première
fois pour Catherine
de Médicis après 1560,
afin d'agrémenter son château
des Tuileries, on pouvait y voir des grottes
ornées d'émaux de Bernard
Palissy. Il fut ensuite réaménagé
par Le Nôtre en 1664 pour Louis
XIV qui l'ouvrit à la promenade.
Il devint à compter de ce jour le
premier jardin public de Paris.
À l'entrée du jardin, les
célèbres statues équestres
de Coysevox, amenées de Marly en
1719 : ce ne sont que des moulages, les
originaux étant au Louvre. La galerie
nationale du Jeu de paume fut édifiée
par Napoléon III : jadis réservée
à la présentation des impressionnistes
du Louvre, elle est dédiée
depuis l'ouverture du musée d'Orsay,
aux expositions temporaires d'art contemporain.
Des œuvres de Paul Belmondo précèdent
un square pour les enfants. Une statue de
Charles Perrault rappelle que c'est au fameux
auteur de contes pour enfants que l'on doit
l'ouverture au public du jardin des Tuileries.
On poursuit son chemin jusqu'à un
petit bassin aménagé au cœur
de ces lieux jadis réservés
aux promenades royales : un pin laricio
de Corse domine quelques petits arbres remarquables
(arbre de Judée, virgilier). De l'autre
côté, un micocoulier de Provence,
en compagnie d'autres arbres rares (févier,
arbre de Judée, etc.), précède
un potager pédagogique. La terrasse
Lemonnier fut aménagée en
1993 par Pei, afin d'assurer la liaison
piétonnière entre les Tuileries
et le Carrousel. On y bénéficie
de belles perspectives sur les jardins et
le grand axe du Louvre.
La pyramide du Louvre, au centre de la cour
Napoléon, est une œuvre conçue
par l'architecte sino-américain Pei
en 1988 : haute de 21,65 m, sur une base
carrée de 34,50 m de côté,
elle résulte de l'assemblage de 673
losanges et triangles en verre feuilleté
de 2,1 cm d'épaisseur qui imposèrent
deux années d'étude aux ingénieurs
de Saint-Gobain.
Le musée
du Louvre fut fondé par un décret
du 27 juillet 1793.
Le Louvre des Antiquaires occupe les anciens
locaux bâtis par Percier et Fontaine
où se trouvaient les Grands Magasins
du Louvre créés par Alfred
Chauchard en 1906. Il abrite plus de 200
boutiques d'un intérêt inégal.
L'église Saint-Germain-l'Auxerrois
fut maintes fois reconstruite : il existait
ici un sanctuaire dès le VIIème
siècle, puis un autre construit selon
le vœu de Robert le Pieux. De l'édifice
du XIIème siècle ne subsiste
que la tour romane. La construction date
pour l'essentiel du XVème siècle;
on notera le beau porche flamboyant, le
seul à Paris avec celui de la Sainte-Chapelle.
L'église est, à cette époque,
la paroisse royale des Valois, puis celle
des artistes : Coysevox, Coustou, Le Vau
ou Gabriel y furent inhumés. C'est
aussi la cloche actuelle de l'église
qui donna le signal de la Saint-Barthélemy,
au soir du 23 août 1572. Cette belle
église au style composite (roman,
gothique et Renaissance) faillit bel et
bien disparaître dans de vagues projets
d'aménagement d'une place destinée
à mettre en valeur la colonnade du
Louvre : Louis-Philippe
et Châteaubriand s'y opposèrent
vigoureusement. Elle subit une restauration
importante au cours du XIXème siècle,
réalisée par Baltard et Lassus,
avec l'édification du beffroi néoflamboyant
qui la sépare de la mairie du 1er
arrondissement, élevée dans
le style néorenaissance par Hittorff
en référence à l'église
voisine, réalisant ainsi un ensemble
réellement harmonieux.
L'Oratoire du Louvre est une chapelle fondée
en 1616, par les Oratoriens et élevée
par Métezeau sur des plans de Le
Mercier. Située près du Louvre,
elle devint royale et faillit être
intégrée à l'extension
du palais souhaitée par Louis
XIII : ce dernier et Anne d'Autriche
y eurent leur service funèbre et
Bossuet comme Bourdaloue aimaient venir
y prêcher. A la Révolution,
la chapelle devient magasin militaire avant
d'être attribuée en 1811 au
culte réformé par Napoléon
1er.
La place du Carrousel doit son nom à
une joyeuse parade équestre organisée
en 1662 pour la naissance du Grand Dauphin.
L'arc du Carrousel, élevé
entre 1806 et 1808 par Percier et Fontaine
en commémoration des grandes victoires
de Napoléon 1er en 1805, fut conçu
dans l'esprit de l'arc de Septime Sévère
à Rome, il mesure 14,50 m de hauteur,
près de 20 m de largeur et est orné
de sculptures de Gérard et de Bosio.
Il domine le jardin du Carrousel, redessiné
récemment par Jacques Wirtz et reconstruit
sur dalle au-dessus des galeries commerciales
éponymes...
En empruntant l'allée centrale des
Tuileries, dans la perspective du Grand
Axe qui s'étend maintenant du Louvre
à la Grande Arche de la Défense,
le promeneur peut s'attarder devant le bassin
rond aménagé par Le Nôtre,
lieu de prédilection pour les enfants,
capitaines d'embarcations télécommandées
ou de simples voiliers... Plus haut, au
bord de l'allée centrale, une sculpture
de Germaine Richier réalisée
en 1959. En tournant sur la gauche, on peut
voir un curieux arbre couché. La
terrasse du Bord-de-L'eau ménage
de beaux points de vue sur la rive gauche.
Le musée de l'Orangerie, galerie
construite en 1892 et vouée aux expositions
temporaires, abrite depuis 1927 les célèbres
Nymphéas de Claude Monet
et la collection de 144 tableaux de Walter
Guillaume. A proximité, quelques
ormes champêtres ont survécu
à l'épidémie qui a
décimé cette espèce.
Le grand bassin octogonal peuplé
de carpes est dominé par des compositions
plus ou moins remarquables, comme la Seine
et la Marne par Coustou ou la Loire
et le Loiret par Van Cleve. Les
Saisons sont signées Barois,
Raon et surtout Coustou (l'été).